Querelles d’hommes et de pouvoir en Haute-Garonne pour les élections aux chambres d’agriculture. Le président de la FDSEA, Yvon Parayre, est pour la première fois opposé à Jean-Claude Chibarie, président sortant de la chambre d’agriculture. Deux listes s’affrontent dans un département où la Confédération paysanne faisait presque 33 % en 2001. Le syndicat entend bien profiter de cette division pour conquérir la chambre.
« Nous ferons aussi bien qu’en 2001 », assure Patrick Kirchner, porte-parole de la Confédération paysanne de la Haute-Garonne (31). Avec plus de 32 % obtenus il y a 6 ans (33 % en 1995), le syndicat espère bien cette année conquérir la chambre d’agriculture basée à Toulouse. Motif d’espoir : la division du syndicalisme majoritaire en deux listes, lequel avait obtenu, uni, 45,9 % des voix en 2001.
La FDSEA contre le président sortant
« Plus fort ensemble » est la liste de rassemblement menée, comme en 2001, par Jean-Claude Chibarie, président sortant de la chambre d’agriculture, vice-président de la Fédération des oléoprotéagineux (Fop), membre du bureau de l’union des grandes cultures Orama et de la FDSEA 31. Particularité remarquée sur sa liste : la présence de deux représentants du Modef et le soutien officiellement affiché de ce syndicat pour cette liste. Il n’empêche, Jean-Claude Chibarie revendique haut et fort son appartenance au syndicalisme majoritaire. Yvon Parayre, président de la FDSEA 31 et administrateur national de l’Association générale des producteurs de blé (AGPB) mène de son côté la liste commune officielle FDSEA/JA de Haute-Garonne. « Après un vote en interne, les délégués cantonaux ont choisi en octobre ma candidature», explique Yvon Parayre, président de la FDSEA de Haute-Garonne, soutenu par Jean-Michel Lemétayer. « L’actuel président de la chambre, Jean-Claude Chibarie ne l’a pas accepté et a décidé de se maintenir », regrette-t-il. « Aucun conseil d’administration de la FDSEA n’a débattu sur ma candidature ni sur une liste d’union », se défend Jean-Claude Chibarie, qui condamne le choix de la « fédé d’avoir fait une liste propre ». Dans ce paysage syndical atypique, la Coordination rurale de la Haute-Garonne aimerait bien conforter sa présence. Le syndicat avait obtenu le score de 21 % en 2001. « Tout peut arriver dans notre département », commente son président Dominique de Vulpillières. « Mathématiquement, la Confédération paysanne devrait arriver en tête. Mais rien n’est joué. L’effet Bové aura des effets négatifs », prédit-il. De son côté, la Coordination rurale craint de faire les frais de la division de la FDSEA. « Nous pouvons décoller mais aussi régresser en pâtissant d’un vote utile qui irait à la Fédé », confie Dominique de Vulpillières.
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Une chambre d’agriculture « bis »
Autre particularité forte dans le département, qui fait largement débat dans la campagne électorale : la politique du conseil général en matière d’agriculture. La Haute-Garonne s’offre en effet le luxe d’être le seul département français à avoir une chambre d’agriculture « bis », émanant du conseil général et présidé par le socialiste Pierre Izard. Près de 110 personnes travaillent dans cette administration territoriale pour réaliser des prestations de services auprès des agriculteurs. « Chibarie, à cause de sa forte personnalité, est responsable de la cassure avec le conseil général », estime Yvon Parayre qui s’engage, s’il est élu, « à reprendre les négociations pour qu’il n’y ait qu’un seul pôle de développement agricole en Haute-Garonne ». De son côté Jean-Claude Chibarie accuse la FDSEA « d’aider le conseil général à casser la politique de la chambre ». « La FDSEA a reçu récemment un chèque de 15 000 euros du conseil général pour lui apporter ses services et conseil sur la conditionnalité », révèle le président sortant de la chambre. « L’origine des problèmes est un conflit de personnes entre Chibarie et Izard », analyse Patrick Kirchner, qui entend, si la Confédération passe en tête, « clarifier les rôles de chacun pour qu’il n’y ait plus de doublons». « L’aide administrative peut rester au conseil général, mais les conseils techniques doivent revenir à la chambre » souhaite-t-il. Revendiquant d’avantage d’adhérents que la FDSEA et estimant avoir connu une bonne réception de ses messages dans ses réunions cantonales, la Confédération paysanne de Haute-Garonne est très confiante pour au moins « conserver son score de 2001 ». Reste à savoir comment se fera la répartition des votes entre les deux listes concurrentes qui se revendiquent de près ou de loin du syndicalisme majoritaire. L’enjeu est double pour la liste soutenue par la FNSEA-JA : perdre la chambre d’agriculture et sa représentativité départementale.