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Hauts-de-France : la filière du blé s’engage à améliorer la qualité

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Nord Céréales, présenté comme le deuxième silo portuaire de France (port de Dunkerque), a mis en avant le 25 juillet sa démarche autour de la qualité du blé, qui mobilise les coopératives, négociants et semenciers des Hauts-de-France afin de préserver l’export.

La Sica Nord Céréales, spécialiste du chargement des grains sur le port de Dunkerque, a lancé en janvier 2016 une initiative pour améliorer la qualité du blé de son interland. Cette démarche réunit 27 acteurs de la région et vise à « augmenter la qualité, la production et la durabilité des blés » à partir de la récolte 2018, selon un communiqué. « La filière céréalière des Hauts de France doit se mobiliser pour répondre aux nouvelles demandes de nos clients à l’export qui sont de plus en plus exigeants », explique Laurent Bué, le président de Nord Céréales.

Trois groupes de travail sont mis en place : sur le marché, les variétés et la logistique. Il s’agit de conquérir de nouveaux débouchés « en exportant un profil variétal adapté aux critères de panification, notamment des pays d’Afrique de l’Ouest », explique Nord Céréales. Autre chantier, l’élaboration d’un indice synthétique des variétés de blé qui va « au-delà du simple critère de rendement dans le choix de semence fait par l’agriculteur ». Le groupe de travail sur la logistique explore la formation des agents de silo et des livreurs aux enjeux de la qualité des céréales stockées et transportées, et il propose de mieux s’équiper d’appareils permettant de mesurer la qualité des grains.

Des progrès déjà visibles

La Démarche Qualité régionale, signée le 30 juin, vise la récolte 2018. Mais des progrès sont déjà visibles pour la moisson 2017 : « Certains agriculteurs choisissent leurs variétés en suivant les préconisations de leur organisme stockeur » (OS), observe Joël Ratel, directeur général de Nord Céréales, pour qui « on voit la différence en termes de protéines ou W » (force boulangère). Des taux de protéines de 12,5 % à 13 % sont ainsi obtenus, permettant d’exporter vers de nouvelles destinations comme la Lybie, l’Iran, le marché privé égyptien, selon lui. Du côté des OS, « il y a la mise en place d’un allotement dès la moisson », qui s’effectue « à plus grande échelle » qu’auparavant.

Dépendance vis-à-vis des achats publics

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Les premières conclusions du groupe de travail sur le marché, dont l’animation est confiée au négoce Lecureur, montrent « une trop forte dépendance du port de Dunkerque vis-à-vis des achats publics » de l’OAIC en Algérie, ou encore du Gasc en Égypte. L’idée est d’« améliorer les valeurs moyennes régionales sur l’ensemble des critères de qualité » du blé pour séduire des clients supplémentaires. « Nos offres sont surtout sur les marchés étatiques, il faut que l’on s’ouvre à d’autres marchés », appuie Joël Ratel. « Nous sommes de plus en plus "challengés" par des pays comme l’Allemagne, les pays baltes et, bien sûr, les origines mer Noire » de Russie et d’Ukraine, souligne-t-il.

La charte régionale ambitionne aussi de faire évoluer l’orientation variétale et la conduite des cultures. Sous la houlette d’Arvalis, le groupe de travail sur les variétés poursuit sa réflexion sur un indice synthétique des variétés de blé permettant de « valoriser la qualité par rapport au rendement ». Une communication est déjà engagée auprès des agriculteurs sur les thématiques de qualité : des premières fiches ont été conçues avec les techniciens d’OS, des chambres d’agriculture sur l’adaptation et le fractionnement de l’azote.

Quant au groupe de travail sur la logistique, animé par la direction régionale du ministère de l’Agriculture (Draaf), diverses pistes de progrès en ressortent, notamment sur l’amélioration de l’allotement. Il s’agit d’améliorer la mesure de la qualité et le respect des normes à la réception : « De gros investissements sont nécessaires pour harmoniser au sein de chaque OS le matériel de mesure », indique Nord Céréales.

« Il faut que l’on s’ouvre à d’autres marchés » que ceux des achats publics