La brasserie Heineken de la métropole lilloise a investi 5,5 M€ dans une nouvelle ligne de production, The Blade, proposant un fût innovant en PET assurant une meilleure conservation de la bière aux petits établissements du circuit RHD. Elle devrait produire 62 000 hectolitres par an.
"Depuis six ans, le marché de la bière en France a retrouvé la croissance, ce que l’on n’avait pas connu depuis 1976. Avec une progression de 8 % en valeur l’an dernier, c’est le segment le plus contributeur de tous les PGC. Cette tendance s’explique par l’innovation produits. Avec The Blade, nous innovons pour le circuit CHD et prioritairement pour les établissements qui, jusqu’alors, vendaient moins de 5 hectolitres par an", précise Pascal Sabrié, p.-d.g. d'Heineken France (CA 2018 : 1,7 Mrd€ en progression de 3 %, France Boissons inclus).
Développé et breveté par Heineken depuis 18 mois en Autriche, en Grèce, en Italie, aux Pays-Bas, en Roumanie et au Royaume-Uni, The Blade se décline désormais en France. Suite à un investissement industriel de 5,5 M€ (3,5 M€ en machines), le site Heineken de la métropole lilloise (1) commence la production de ces nouveaux fûts destinés au circuit CHD. "Il s’agit de fûts de 8 litres avec une double enveloppe en PET qui permet de conserver la bière à la bonne température et sans altérer sa qualité pendant 30 jours, même si l’activité du débitant est modeste", précise Antoine Clément, le nouveau directeur du site nordiste. Cette solution évite en effet que de l’oxygène n’entre dans le fût au fur et à mesure que la bière est tirée, comme dans les fûts traditionnels en inox de 20 ou 30 litres, ce qui impose alors aux débitants de la consommer rapidement. "The Blade s’adresse aux professionnels qui veulent proposer de la bière dans des conditions optimales de consommation, même s’ils n’en vendent pas beaucoup. Très simple d’utilisation – il suffit de la brancher sur une prise – et sans maintenance, la machine est en outre très esthétique et plus visible que des bières simplement mentionnées sur une carte", assure Pascal Sabrié. Avant même que la production ne soit lancée à Lille, Heineken France commercialisait déjà des fûts importés de ses autres filiales européennes. "En un an, nous avons déjà vendu 12 700 machines et nous pensons atteindre les 20 000 unités rapidement", poursuit-il. À noter que les machines sont vendues 400 € pièce avec une consigne de 5€ par fût, le recyclage des fûts étant confié à Paprec. Le site de Lille a une capacité de production de 270 fûts Blade par heure (9 références de bières), soit 65 000 hl par an, et mobilise 10 personnes qui ont été recrutées et formées (975 heures) notamment sur les nouvelles compétences d’injection et de "sleevage" des fûts. Enfin, le site de Lille a également investi 8 M€ l’an dernier pour renouveler quatre cuves de fermentation de 5 000 hl et se doter de deux nouvelles (5 500 hl). Il prévoit à nouveau d'investir 11 M€ en 2019 pour renouveler douze autres cuves de fermentation et moderniser des soutireuses. "Ces dix dernières années, ce site a bénéficié de 73 M€ d’investissements cumulés", conclut Pascal Sabrié.
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OTE_MAQUETTE">1) Heineken possède trois brasseries en France. Basée sur 22 hectares sur les communes de Mons-en-Baroeul et Marcq-en-Baroeul, celle de la métropole lilloise est la plus importante (3,5 millions d’hectolitres et 306 salariés), contre 1,5 million d’hl à L’Espérance de Schiltigheim (168 salariés) et la Valentine de Marseille (132 salariés).