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BIÈRES/INVESTISSEMENT Heineken renforce ses capacités de production à Mons-en-Barœul

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A Mons-en-Barœul (59), Heineken France vient de mettre en service une sixième ligne de conditionnement destinée à produire des bouteilles de 25 cl à la marque Heineken. Un investissement de 9,5M€ qui permet au groupe brassicole de quasiment saturer son outil industriel nordiste. Disposant de 3 usines en France, le brasseur hollandais a tenu « à se rapprocher du schéma logistique de ses clients ». C'est ainsi que les volumes gagnés par l'usine de Mons-en-Barœul ont été perdus par la brasserie de L'Espérance de Schiltigheim (67).

Heineken vient d'investir 9,5 M€ dans une toute nouvelle ligne d'embouteillage sur son site nordiste de Mons-en-Barœul. Destinée aux 25 cl et à la marque Heineken, elle est conditionnée dans les formats 6, 12 et 20 canettes. Cette nouvelle ligne, d'une capacité de 65 000 bouteilles/heure, vient d'être mise en service le 2 avril dernier.

Heineken a en effet décidé de transférer une partie des fabrications de son unité de Schiltigheim (67) dans son usine de Mons-en-Barœul. « Posséder trois brasseries est un désavantage sur un plan industriel, notamment vis-à-vis de ses concurrents », analyse Pascal Sabrié, le président d'Heineken France. Dans cet univers ultra-concurrentiel qu'est la brasserie, Heineken doit en effet croiser le fer avec un Kronenbourg, qui ne dispose en France que d'une unité de production à Obernai (67) et avec Anheuser-Busch InBev (AB InBev), le n°1 mondial du secteur qui ne possède aucune unité industrielle en France, mais qui distribue sa gamme de bières à partir notamment de son site belge de Louvain.

« Nous tenons à ce schéma industriel de trois sites brassicoles français », précise cependant Pascal Sabrié tout en poursuivant : « Mais nous voulions optimiser nos coûts logistiques et nous avons décidé de nous rapprocher du schéma logistique de nos clients ».

Bilan de l'opération : Mons-en-Barœul hérite de 340 000 hl supplémentaires, Marseille de 70 000 hl, alors que Schiltigheim en perd… 500 000 hl. Et côté emplois, le site de Mons-en-Barœul va embaucher 34 personnes supplémentaires et celui de Marseille 11 salariés en plus, tandis que 27 salariés doivent quitter l'établissement de Schiltigheim, soit un solde net de 18 salariés supplémentaires intégrés chez Heineken France.

Même si 92 % des volumes fabriqués en France sont vendus en France, l'unité de Mons-en-Barœul exporte des bières en Grande-Bretagne ainsi qu'en Belgique et en Hollande.

30 M€ INVESTIS DEPUIS 2009

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Premier brasseur français et premier distributeur français avec sa filiale France Boissons, Heineken fabrique actuellement 2,8 Mhl dans l'ancienne brasserie Pelforth de Mons-en-Barœul, 1,4Mhl dans son unité de Marseille et 1,1Mhl dans son unité de Schiltigheim… Dans le Nord, la plus grosse unité industrielle française du groupe, Heineken brasse et embouteille les marques Heineken, Desperados et Pelforth, mais n'embouteille que la marque Affligem, produite quant à elle outre-Quièvrain.

L'ancienne brasserie Pelforth, rattachée à l'ancien groupe international Française de Brasseries et né de la fusion d'Heineken France et de l'Union de Brasserie au sein de la Société générale de Brasserie (Sogebra) en 1984, est implantée sur un terrain de 25 ha. Le brasseur hollandais y dispose d'une capacité de production de 3,5Mhl qu'il commercialise sous 132 références différentes. « Depuis 2009, nous avons investi à Mons-en-Barœul 30M€ (générateur de vapeur, ligne boîtes, modernisation des stocks…) et nous comptons investir 18,5M€ d'ici 2016 (nouveaux équipements ou réhabilitation d'anciens matériels, réduction de la consommation d'énergie…) », précise Pascal Sabrié.

Entre 2011 et 2013, le site de Mons-en-Barœul a baissé sa consommation énergétique de 14%, avec notamment l'investissement dans une chaudière vapeur (550 000€) qui permet de brûler 25% du biogaz produit. Dans l'immense hall consacré au soutirage, six lignes de conditionnement tournent à plein : une ligne fûts en 20, 30 et 50 litres (780 fûts/heure), trois lignes bouteilles verres perdus (70 000 bouteilles/heure, 48 000 bouteilles/heure et la dernière née 65 000 bouteilles/heure). En outre, Heineken dispose également de sa seule ligne boîte française (65 000 bouteilles/heure) et d'une ligne innovation de 5 000 bouteilles/heure.

Heineken France, qui a réalisé 1,611 milliard de chiffre d'affaires en 2013, dispose d'une capacité de production de 6,6 Mhl en France et de 80 sites de distribution via sa filiale France Boissons. Le groupe emploie directement 4500 salariés.

HEINEKEN A INVESTI SUR SES TROIS SITES FRANÇAIS

A Marseille, Heineken France a investi 2,4M€ dans une nouvelle salle à brasser dans sa brasserie historique « La Valentine », « seule grande brasserie du sud de la France ». Trois nouvelles cuves viennent d'y être installées. « Cet outil permet à la brasserie de se projeter dans le futur pour accompagner le développement en PACA et a permis la création de 11 emplois sur le site ». Sur ce site, plus de 80 M€ ont été investis entre 1988 et 1996, permettant d'accroître la capacité de conditionnement et de fabrication tout en répondant aux engagements durables de l'entreprise. Dans la brasserie historique alsacienne de « L'Espérance », où malgré le transfert des 500 000 hl vers les sites de Mons et de Marseille, Pascal Sabrié a réaffirmé « l'attachement du groupe à son ancrage alsacien », le groupe a investi 16M€ depuis 2010 dans la modernisation de l'outil industriel. Le groupe prévoit d'y investir 10 M€ supplémentaires d'ici 2016. En 2014, Heineken misera sur l'innovation en relançant sa marque Fischer. C'est dans cette brasserie qu'a été produite la première Heineken « Made in France » en 1981. Outre les activités de production, le site compte également des départements consacrés à l'innovation et l'ingénierie, ainsi qu'une direction qualité et technologie. Enfin, L'Espérance abrite le seul centre de développement d'Heineken en France à l'origine de nombreuses innovations majeures, dont la « success story » internationale Desperados.