Le groupement breton de producteurs Syproporcs (200 éleveurs, 680 000 porcs charcutiers commercialisés en 2014) vient de signer le premier contrat de fixation du prix du porc sur six mois renouvelables à compter du 1er juillet avec le salaisonnier Herta (Nestlé).
La filiale du groupe Nestlé, Herta, et un groupement de producteurs de porcs breton viennent de signer un contrat collectif d'approvisionnement qui semble exemplaire. Par ce contrat appelé « swap (échange en anglais) de valeur porc jambon », le prix fixé à l'avance sera le prix auquel l'éleveur sous contrat sera payé. Si le prix négocié deux fois par semaine au Marché du Porc Breton se situe au-dessus ou au-dessous, la différence avec le prix pivot sera payée soit par l'éleveur, soit par le salaisonnier, via le groupement. Il s'agit d'un outil financier déconnecté des circuits de livraison physique. L'éleveur peut ainsi calculer le coût alimentaire (près de 70 % du coût de production d'un porc) qu'il peut accepter pour dégager sa marge. Tous les éleveurs engagés dans le contrat Herta achètent d'ailleurs une partie de leur aliment sous contrat sur un prix et un volume donnés, pour une livraison différée.
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Toutes proportions gardées, le salaisonnier Herta (660 millions d'euros de chiffre d'affaires, un peu plus de 100 000 tonnes de produits de charcuterie fabriqués dans deux usines) poursuit le même objectif : stabiliser son coût de production en fixant sur une longue période son prix d'achat de matière première (jambons et épaules principalement), et ainsi être mieux armé dans ses négociations commerciales annuelles. Aucune des deux parties ne donne le nombre de producteurs engagés, le volume sous contrat ou le prix pivot. Dans un communiqué, le ministre de l'Agriculture Stéphane le Foll a salué le 25 juin cette initiative qui « s'inscrit pleinement dans la dynamique initiée par Paul Auffray, président de la FNP (Fédération nationale porcine NDLR) lors de l'assemblée générale du 12 juin dernier pour promouvoir l'innovation dans les relations commerciales entre les éleveurs et les acheteurs ». Objectif : « redonner des perspectives dans un cadre stabilisé pour les éleveurs ».