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Traiteur Herta investit 8 M€ pour grandir encore dans le végétal

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La filiale de Nestlé veut garder sa place de numéro un du traiteur végétal acquise cette année en France. Pour cela, il lance sa Knacki en version végétale, et investit dans une nouvelle ligne de fabrication au sein de son usine alsacienne d’Illkirch.

Herta prend goût au végétal ! Le 28 novembre, la marque spécialisée dans la charcuterie et le traiteur frais de Nestlé (831 millions d’euros de ventes annuelles en grandes surfaces à fin novembre en France), a dévoilé sa dernière nouveauté : une Knacki en version végétale, confectionnée à partir de protéines de pois et de blé. Un produit au goût très proche de la saucisse de porc emblématique d’Herta. Pour ce lancement, Herta a investi dans une nouvelle ligne de production dédiée uniquement à ce nouveau produit, pour un montant de 8 millions d’euros dans son usine d’Illkirch (Bas-Rhin), là où il fabrique déjà des Knacki à base de viande. « Les capacités en place sont assez importantes pour alimenter toute l’Europe en Knacki végétales, mais c’est la France qui sera le premier marché à recevoir cette nouveauté », explique Arnaud de Belloy, président d’Herta en France.

Garder l’avance dans le traiteur végétal

Avec ce nouveau produit, Herta veut surtout s’affirmer comme le numéro un du traiteur frais végétal en France. En juin 2016, il a lancé une gamme de produits à base de protéines végétales, baptisée Le Bon végétal, dont il est très satisfait des résultats. Ces produits, confectionnés dans une usine de Nestlé en République tchèque, se sont imposés sur le marché hexagonal. Sur un marché en grande distribution de 67 millions d’euros, Herta détient déjà 23,6 % de parts de marchés (contre 4,8 % il y a un an), talonnant les MDD (25,7 %). En une année, il est passé devant les leaders historiques de ce marché qu’étaient Céréal (20,2 % de PDM) et Sojasun (14,3 %, alors qu’il contrôlait un tiers de ce marché il y a un an). La progression spectaculaire de ce marché (+127 % en un an) est étroitement liée aux nouveaux entrants que sont Herta et Fleury Michon (7,2 % de PDM) et aux nouveautés qu’ils introduisent.

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Loin de s’adresser aux végétariens ou aux véganes, qui restent très minoritaires, Herta vise les flexitariens. « Notre conviction que les familles françaises veulent introduire plus de protéine végétale dans leur assiette se confirme aujourd’hui », explique Catherine Petilon, directrice marketing d’Herta. Et qu’elles sont même prêtes à débourser un peu plus pour "verdir" et varier leur alimentation. Les Knacki végétales seront ainsi en moyenne 60 % plus chères que celles au porc. Mais Herta met en avant les avantages de son produit : porteur du label végétarien, sans OGM, avec des œufs de poules hors cages, fabriqué en France, moins gras et plus riche en protéine que la Knacki de porc. La matière première est aussi plus chère. « La protéine végétale est en moyenne 40 % plus chère que la protéine de porc, les fabricants sont peu nombreux et elle est très demandée », souligne Arnaud de Belloy. Parmi ses fournisseurs, Herta cite Avril pour l’huile de colza et Roquette pour les protéines.

Un potentiel pour la charcuterie à valeur ajoutée

Herta va poursuivre ses innovations sur le marché du végétal qu’elle estime à 150 millions d’euros en 2020, et anticipe des ventes en forte progression. La marque prévoit ainsi que ses ventes de Knacki végétales pourraient attendre 5 % des ventes de Knacki Herta. À court terme, les ventes de produits végétaux pourraient dépasser celles de croque-monsieur, deuxième produit le plus vendu au sein du traiteur Herta après les pâtes à dérouler. Plus généralement, elle prévoit que le traiteur prenne une part croissante du chiffre d’affaires d’Herta (20 % des ventes actuelles), sous l’impulsion du végétal. Tandis que la charcuterie (80 % de ses ventes) pourrait voir ses ventes stagner en volume, et progresser légèrement en valeur. La marque compte beaucoup sur la valorisation des produits charcutiers en développant des filières qui associent aujourd’hui 220 éleveurs en contrat. « Il n’y a pas de limite en nombre d’éleveurs et à terme nous souhaitons avoir tous nos approvisionnements en jambon pour la France issus de contrats avec éleveurs », prévoit Arnaud de Belloy. Le jambon sans nitrite lancé en février 2017 est une des fiertés d’Herta, avec des ventes qui atteignent 10 millions d’euros. Le président d’Herta a confié que ses équipes travaillent ainsi sur des lardons sans nitrite tout en soulignant les difficultés techniques à surmonter, chaque produit nécessitant le développement de solutions particulières.