Renforcé par la hausse de la consommation à domicile liée au confinement, Herta augmente ses capacités et modernise ses deux usines de charcuterie françaises. C’est la première décision importante depuis l’arrivée de son nouvel actionnaire majoritaire, l’espagnol Casa Tarradellas, aux côtés du suisse Nestlé.
Le contexte économique actuel n’inquiète pas forcément tous les industriels de l’agroalimentaire. Certains croient en leurs atouts et poussent leurs pions, persuadés que la tendance observée ces derniers mois va se poursuivre et constitue une opportunité. C’est le cas d’Herta qui a dévoilé le 29 novembre un important plan d’investissement dans ses implantations françaises : 85 millions d’euros vont être investis sur deux années. Premier bénéficiaire, le site principal de Saint-Pol-sur-Ternoise (Pas-de-Calais) qui va recevoir 57 millions d’euros, « essentiellement pour étendre et moderniser l’usine avec un nouvel atelier de conditionnement des Knacki, une extension du laboratoire qualité, des capacités de production supplémentaires et une amélioration des conditions de travail », détaille Alexis Gorline, directeur industriel d’Herta. Cette usine, « vaisseau amiral » du charcutier industriel, selon Alexis Gorline, produit 70 000 tonnes de jambon cuit, lardons, saucisses et croque-monsieur et emploie 1 200 salariés. Le deuxième site d’Herta en France, Ilkirch-Graffenstaden (Bas-Rhin), produit chaque année 12 000 tonnes : jambon de porc et de volaille, Knacki à base de viande et de végétaux. 25 millions d’euros vont y être dépensés pour le moderniser, agrandir le labo et améliorer les conditions de travail. Plus de 2 millions d’euros seront également injectés sur les sites logistiques d’Herta situés au Meux (Oise) et à Lozanne (Rhône).
Poursuite de la hausse de la consommation à domicile
Cet important plan d’investissement est réalisé pour accompagner les ventes de charcuteries au rayon frais des grandes surfaces hexagonales dont Herta, leader du jambon cuit, du lardon, du knack et de la pâte à dérouler a profité ces derniers mois. « Nos ventes ont connu une croissance soutenue de 10,4 % sur les douze derniers mois en grandes surfaces françaises, selon Nielsen, atteignant 1,43 milliard d’euros », souligne Arnaud de Belloy, p.-d.g. d’Herta. En 2019, la progression avait atteint 8 %. Convaincu que la tendance à la hausse va se poursuivre, y compris sans confinement, Arnaud de Belloy souligne qu’Herta est « en bonne santé » et qu’année après année, sa marque « creuse l’écart avec ses concurrents ». Elle détient aujourd’hui 14 % des parts de marché de la charcuterie dans les GMS françaises. Marque la plus achetée des foyers français, selon Kantar, Herta table sur une augmentation de ses volumes dans les prochains mois. « Tous nos efforts sont concentrés sur la charcuterie », souligne Arnaud de Belloy, qui croit au potentiel de ce marché pour Herta. La marque est aussi présente dans le végétal avec Le Bon végétal, mais les ventes représentent aujourd’hui des volumes encore faibles. Herta a ainsi vendu 800 tonnes de produits végétariens sur une année.
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Quelques mois seulement après l’acquisition de 60 % d’Herta (40 % restent entre les mains de Nestlé), Casa Tarradellas prend une décision stratégique en investissant 85 M€ sur une période courte, alors qu’Herta évolue dans un marché de la charcuterie en régression en France depuis des années. « Le financement vient des actionnaires », se borne à indiquer Herta, sans plus de détails.
Depuis l’arrivée du nouvel actionnaire, se traduisant par la création d’une co-entreprise, les synergies ont commencé à se mettre en place entre les deux charcutiers industriels. « Nous travaillons avec Casa Tarradellas pour le choix des machines car ils ont une grande expertise et une avance technologique dans ce domaine », souligne Arnaud de Belloy, constatant que ces synergies ne sont pas encore assez importantes, notamment en raison de la situation actuelle compliquée qui limite les réunions. Herta ne prévoit pas de s’appuyer sur la présence en Espagne de son nouvel actionnaire, et n’a pas de projet non plus de diffuser les produits de Casa Tarradellas dans les pays où est présent Herta. La marque se fournit en viande de porc en Espagne, deuxième fournisseur après la France qui représente 50 % des approvisionnements.