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Elevage et police sanitaire Hervé Gaymard accepte l’instauration d’un bilan sanitaire annuel unique

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Le ministre de l’Agriculture n’est pas arrivé les mains vides pour fêter le cinquantenaire des groupements de défense sanitaire (GDS), le 17 juin à Grenoble. A la grande satisfaction des professionnels, Hervé Gaymard s’est déclaré favorable à l’instauration d’un bilan sanitaire annuel unique réalisé par le vétérinaire de l’élevage. Les prochains mois seront consacrés à la définition des modalités du nouveau dispositif.

« J ’ai entendu votre proposition de bilan sanitaire annuel unique par le vétérinaire de l’élevage; je ne peux qu’apporter mon soutien à cette proposition ». C’est en ces termes que le ministre de l’Agriculture a répondu à Jean-Jacques Rosaye, le président de la Fédération nationale des groupements de défense sanitaire (FNGDS) au 1er jour de leur congrès organisé les 17 et 18 juin en Isère.

« Que la politique sanitaire reparte d’un nouveau pied »

Hervé Gaymard n’en dira pas plus, indiquant seulement que « quelques mois de travail » seraient nécessaires pour que, « dès le début de l’automne, avec les éleveurs, les GDS et les vétérinaires, la politique sanitaire puisse partir d’un nouveau pied avec une approche renouvelée, plus globale, moins tâtillonne et moins tracassière qu’aujourd’hui ». Dans cette annonce, c’est le terme « unique » qui est essentiel. Les professionnels redoutaient en effet que les pouvoirs publics multiplient dans les mois et années à venir les bilans sanitaires de tous ordres, lourds à gérer.

Reste à définir le contenu de ce bilan et son mode de financement. Jean-Jacques Rosaye a déjà son idée : « Nous sommes favorables à la réalisation d’un bilan sanitaire annuel dans l’exploitation à condition que ce soient les éleveurs qui fixent eux-mêmes les objectifs et le contenu de la partie de ce bilan qu’ils financeront ». Une position partagée par Pierre Chevalier, le président de la Fédération nationale bovine (FNB), et Pascal Ferey, représentant la FNSEA, qui – dans les couloirs du palais des congrès – faisaient savoir que leurs organisations entendent bien être associées à la rédaction des annexes réglementaires définissant le contenu de ce bilan sanitaire et ses objectifs. Sur le plan financier, le ministère de l’Agriculture s’est déjà engagé à dégager une enveloppe de 10 millions d’euros pour financer une partie de ce bilan.

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Mouvements d’animaux : renforcer les contrôles

En terme d’annonces, Hervé Gaymard se limitera à cela, malgré les fortes interpellations du président de la FNGDS sur plusieurs sujets «phares» : tremblante, fièvre Q, allégement des prophylaxies... Pour le porte-parole des GDS, le modèle sanitaire français est « en crise », à l’image des « réticences » dont font preuve les pouvoirs publics pour examiner la possibilité d’un passage à un abattage sélectif en tremblante caprine. En réponse, le ministre a fait savoir qu’il avait sollicité «une évolution des dispositions communautaires» sur ce dossier, sans être plus précis sur le contenu. Le ministre est également resté évasif sur l’évolution de la police sanitaire de la fièvre Q, dans l’attente d’un prochain avis de l’Agence française de sécurité sanitaires des aliments (Afssa). Prenant les devants, la FNGDS n’a pas manqué de réaffirmer devant Hervé Gaymard que le classement de la fièvre Q en maladie à déclaration obligatoire serait «contre-productif», car générateur d’effets pervers sur la déclaration des avortements.

La FNGDS a enfin appelé l’Etat à cibler sa politique sanitaire, en procédant au renforcement des contrôles sur les mouvements d’animaux et sur les catégories d’élevage à risque, afin d’éviter la résurgence de maladies réputées contagieuses.