Dans son discours d’introduction du colloque consacré à l’agriculture et la mondialisation, organisé le 7 octobre par l’Institut français des relations internationales, le ministre de l’Agriculture a plaidé pour une reconnaissance par l’OMC des politiques agricoles dans les pays pauvres et demandé que soit reconnu le droit pour certains d’entre eux à protéger leur marché
Dans son discours introductif du colloque « Mondialisation : quelles politiques agricoles ? », le ministre Hervé Gaymard a lancé un vibrant plaidoyer en faveur du développement des politiques agricoles dans les pays pauvres. D’après lui, le bilan des vingt dernières années est sans appel : de nombreuses politiques agricoles stabilisant les prix et les revenus dans les pays en développement ont été démantelées, notamment en Afrique».
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«La politique agricole n’est pas l’antithèse du marché»
Partant du principe que « la politique agricole, ce n’est pas l’antithèse du marché, c’est l’affirmation de ses limites», il s’est déclaré favorable à « l’adoption de politiques commerciales cohérentes, passant, si nécessaire, par des phases de protection du marché intérieur, comme l’a fait l’Europe lors de la mise en place de la politique agricole commune ». Il appelle donc l’OMC à « reconnaître la légitimité des politiques agricoles» et lui demande de « prendre acte des différences considérables qui existent entre les pays selon leur degré de développement ». Ainsi les pays développés doivent « faire régner les conditions d’une concurrence équitable, entre eux et vis-à-vis du monde en développement ». Les pays émergents doivent « disposer d’un meilleur accès au marché, à la fois dans les pays du Nord et entre eux». Quant aux pays en développement « vraiment pauvres», ils doivent « voir reconnu leur droit de protéger leur agriculture, au moins pendant la phase de décollage, ainsi que le bénéfice de préférences commerciales spécifiques, dans les pays du Nord comme dans les pays émergents».