C’est pour répondre aux injonctions de Bruxelles que le gouvernement français a supprimé la taxe parafiscale qui assurait 42% du financement du Centre technique de la charcuterie-salaison. Moins de trois ans après, il n’est pas étonnant que soit déclenchée une procédure de cessation de paiement et que puisse disparaître un des éléments clés du dispositif de recherche du secteur agroalimentaire. Au même moment, la Commission européenne remet à plat la politique de la recherche de l’UE et inscrit l’industrie alimentaire dans ses secteurs prioritaires pour 2007-2013. Or, que prône le livre blanc rédigé pour l’occasion et qui entend donner un contenu opérationnel à cette stratégie ? De relancer l’innovation des PME grâce à davantage de recherche collective, de rapprocher recherche fondamentale et appliquée et très précisément en tablant sur des réseaux de transfert et d’interface tels que les centres techniques.
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Il y a là comme un hiatus. Les industriels n’étaient pas prêts à voler au secours de leur centre technique et le ministère de l’Agriculture n’a pas trouvé les moyens d’empêcher l’éclatement de ses équipes et de ses compétences qui devraient se reclasser plus ou moins bien à l’Institut technique du porc et dans un laboratoire privé d’analyse. A l’heure où l’on ne jure que par les regroupements et les pôles d’excellence, cette issue fait un peu désordre. Et, ironie cruelle, la dernière loi d’orientation agricole avait prévu de donner un nouveau statut aux centres techniques qui aurait pu résoudre le problème du CTSCCV. Mais les décrets d’application ne sont toujours pas sortis…