Une nouvelle version d’un éventuel accord final a été rédigée par le directeur général de l’OMC. Pascal Lamy ne cache pas sa déception face aux progrès accomplis depuis sa prise de fonction et souligne que beaucoup reste à faire pour éviter un échec complet de la prochaine ministérielle.
Les négociations OMC lors de la conférence ministérielle à Hong Kong du 13 au 18 décembre s’annoncent difficiles. Pascal Lamy a présenté son dernier rapport avant la réunion, à Genève, à l’occasion du Conseil général de l’Organisation. L’occasion pour lui de faire circuler une nouvelle version du projet de résolution, un document « sans surprise (…) ni une encyclopédie des positions », a-t-il prévenu.
Par ailleurs, même sur les sujets prioritaires pour la ministérielle comme le développement, les choses ne s’annoncent pas simples, M. Lamy n’étant pas encore parvenu à dégager un texte vraiment consensuel.
Sur les sujets plus sensibles comme l’agriculture, le directeur général de l’OMC a formulé les points de blocages sous forme de questions afin de faciliter le travail des ministres : quelle est la formule pour les engagements de réduction des soutiens internes créateurs de distorsions commerciales ? ; quel accord est nécessaire à propos du parallélisme afin de parvenir à une date butoir pour la suppression des aides à l’exportation ?, demande-t-il par exemple. A quelques jours des négociations, ces questions étaient intégrées à un courrier adressé tous les membres de l’OMC, a indiqué M. Lamy.
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« Pas à n’importe quel prix »
Les relations entre les grands négociateurs ne semblent plus évoluer. La France, cantonnée dans son image protectionniste tente de défendre son approche au niveau européen. Le ministre des Affaires étrangères Philippe Douste Blazy a ainsi fait paraître une tribune dans le Herald Tribune dans laquelle il affirme la volonté de la France de parvenir à un accord équilibré. Il souhaite des progrès à Hong Kong, mais « pas à n’importe quel prix». Et de prévenir : une « ouverture incontrôlée» des marchés agricoles profiterait à l’Argentine ou au Brésil mais pas à « ceux qui en ont le plus besoin », les pays les plus pauvres de la planète.
Une nouvelle fois, le ministre attaque Peter Mandelson, le commissaire européen au commerce à propos du mandat. « Nous ne pouvons laisser quelques personnes mettre en péril une décision à laquelle nous sommes parvenus à l’unanimité» des membres de l’UE, déclare-t-il. Pour autant, M. Mandelson, après une entrevue, le 6 décembre, avec le Premier ministre Dominique de Villepin affirme qu’il va essayer de défendre « du mieux qu’il (le) peut », les intérêts de la France et de l’Union européenne, à Hong Kong.