Après plusieurs années de hausse ininterrompue, les surfaces cultivées en OGM en Europe ont régressé en 2008, revenant sous la barre des 110 000 hectares. Toutefois, ce mauvais chiffre est lié à l’interdiction par la France du seul OGM autorisé à la culture, le maïs MON810, font remarquer les semenciers. Partout ailleurs, ce maïs transgénique a gagné du terrain. Hors France, la surface plantée en OGM est donc en hausse de 20 %.
Les transgéniques ont recouvert 107 719 hectares, selon les chiffres d’Europabio, le lobby européen des biotechnologies, contre un peu plus de 110 000 hectares en 2007. Cette chute est due à l’interdiction par la France du seul OGM autorisé à la culture dans la Communauté, le maïs MON 810. Plus de 21 000 hectares de maïs MON 810 avaient été récoltés en 2007 dans ce pays. Ce chiffre est brutalement retombé à zéro. En revanche, les semences transgéniques ont poursuivi leur développement ailleurs en Europe. La croissance moyenne, hors France, y est de 20 %.
L’Espagne reste de loin le premier producteur d’OGM de la Communauté. Les zones emblavées en MON 810 y ont progressé de 5% à 79 269 ha. Vient ensuite la République tchèque (8 380 ha, + 68 %) suivie de la Roumanie (7 146 ha, surface décuplée), du Portugal (4 851 ha, + 8 %) et de l’Allemagne (3 173 ha, + 39 %). Les OGM sont aussi présents en Pologne (3 000 ha, x 10) et en Slovaquie (1 900 ha, + 111 %)).
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19 OGM en attente d’une autorisation de mise en culture
« Nous sommes satisfaits de voir que les semences issue des biotech continuent leur progression de façon durable chaque année dans plusieurs Etats membres de l’UE,défend Nathalie Moll, d’Europabio, même si aucune nouvelle semence n’a été approuvée à la culture depuis 1998 ». Elle appelle en substance les institutions européennes, « y compris les ministres de l’agriculture de l’UE », à prendre en compte cette tendance et à relancer les autorisations de nouveaux produits pour répondre aux demandes des agriculteurs et comme le propose leur propre autorité de sécurité alimentaire.
A l’heure actuelle, 19 nouvelles semences transgéniques attendent la certification des instances européennes. Pour Jérôme Péribère, président et directeur exécutif de Dow AgroScience, qui présentait ces chiffres, l’Europe est désormais face à un choix : va-t-elle décider de replier sa production au seul marché européen, en écartant les OGM, ou va-t-elle produire de façon compétitive et rester une grande puissance exportatrice agroalimentaire ?