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Poulet chloré Hostilité à une réouverture rapide de l’UE au poulet américain

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La France, soutenue par la plupart des pays membres de l’UE, a tenu à faire part, lors du Conseil agricole le 14 avril à Luxembourg, de sa « préoccupation concernant le projet d’autorisation par la Commission européenne de la décontamination chimique des viandes fraîches », qui permettrait l’importation de poulet américain ayant fait l’objet de ce traitement.

Malgré les messages rassurants de la commissaire européenne à la santé, Androula Vassilliou, quant à la difficulté de rouvrir rapidement les frontières de l’UE au poulet chloré américain, la France a rappelé, à Luxembourg le 14 avril, que les récents avis scientifiques « n’ont pas permis de lever toutes les incertitudes » sur la dangerosité de ces traitements chimiques. Paris considère que « les travaux doivent être poursuivis avant d’envisager les modalités d’une éventuelle autorisation pour l’utilisation de certaines substances chimiques décontaminantes, dans des conditions de pleine sécurité ». Mais, surtout, la France juge que « la question de l’opportunité d’une éventuelle autorisation reste posée », car la décontamination chimique « va à l’encontre de la priorité attachée depuis toujours au sein de l’Union européenne au respect des bonnes pratiques hygiéniques (…) tout au long de la chaîne alimentaire ». De plus, ajoute-t-elle, « les consommateurs européens ne souhaitent pas la mise sur le marché généralisée de viandes de volailles ou d’autres espèces qui auraient subi un traitement chimique de cette nature, d’autant plus que les conditions d’une information complète et loyale pour tous les aliments concernés ne seraient pas réunies ».

Une majorité d’Etats membres réticents

Le Portugal, la Belgique, l’Autriche, l’Italie, la Grèce, la Finlande, la Lituanie, la Roumanie, le Luxembourg, l’Irlande, la Hongrie, Chypre et l’Espagne ont apporté leur soutien à la position française, soulignant les risques pour la santé et les implications d’une éventuelle autorisation de ces traitements pour les seuls produits importés, en termes de concurrence. Les délégations suédoises, danoises, bulgares ont dit partager les inquiétudes de Paris, militant pour que de nouvelles évaluations scientifiques soient menées avant toute décision. De leur côté, le Royaume-Uni et les Pays-Bas ont défendu le principe d’une décision fondée sur une solide analyse scientifique sur un tel sujet sensible.

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Pour sa part, Androula Vassilliou, la commissaire à la santé n’a pas caché, devant les ministres européens, ses réticences à l’égard des pratiques de décontaminations chimique qui vont « à l’encontre » des règles d’hygiène de l’UE. Seule la définition de strictes conditions d’utilisation pourrait permettre d’ouvrir la voie à l’utilisation de ces traitements, a-t-elle laissé entendre tout en se refusant à tout compromis sur la qualité et la sécurité des produits alimentaires. Considérant la complexité du dossier – les questions environnementales, sanitaires et agricoles qu’il pose – Mme Vassilliou a suggéré, en marge d’une conférence sur l’alcool, le 16 avril, qu’il est peu probable que l’UE prenne une décision avant le mois de juin, comme le réclament les Etats-Unis. Washington a multiplié les pressions sur la Commission européenne ces dernières semaines pour obtenir la levée de l’interdiction européenne.