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Huile de palme : le WWF décerne ses bons points

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L’organisation de défense de l’environnement vient de publier son classement des entreprises en fonction de leur politique en matière d’huile de palme durable. Ferrero arrive en tête du classement.

Voici une information qui mettra sans doute du baume au cœur de Ferrero : l’industriel est arrivé numéro un du classement des entreprises en fonction de leur approvisionnement en huile de palme durable, dévoilé le 20 janvier. Ce classement biennal établi par le WWF évalue les pratiques de 173 entreprises afin de mesurer leurs efforts pour parvenir à un approvisionnement en huile de palme 100 % certifiée responsable.

« Déjà en 2015, nous étions l’une des premières entreprises à nous approvisionner en huile de palme certifiée 100 % "ségrégée" (traçabilité la plus exigeante, ndlr). Pour aller plus loin, nous avons soutenu des projets allant au-delà de la certification pour accroître les normes de durabilité dans l’industrie », souligne Ferrero qui n’a pas changé la recette de son Nutella en dépit des polémiques récurrentes. L’industriel a toujours défendu ses approvisionnements en huile de palme durable.

Ferrero, qui n’est pas l’un des plus gros consommateurs d’huile de palme avec 204 000 tonnes utilisées en 2019, obtient une note de 21,5/22. Il est suivi dans le classement par Bahlsen, Mars, Friesland Campina ou encore Nestlé, qui obtiennent une note supérieure à 17/22. « Quinze entreprises obtiennent une note supérieure à 17, ce qui veut revient à dire que 9 % seulement s’attaquent sérieusement au problème de la déforestation causé par l’huile de palme. » Et un quart des entreprises contactées n’ont pas communiqué de chiffres au sujet de leur consommation d’huile de palme.

Nestlé, qui a consommé 425 000 tonnes d’huile de palme en 2019, ne s’approvisionne pas à 100 % auprès de la Table ronde sur l’huile de palme durable (Roundtable on Sustainable Palm Oil, RSPO), qui certifie que l’huile de palme durable. Il affirme ainsi que 56 % de l’huile de palme utilisée dans ses produits vendus en Europe proviennent d’une production certifiée durable. Et qu’en 2023, 100 % de l’huile de palme qu’elle utilisera sera certifiée durable. Mais pour l’instant, Nestlé utilise toujours de l’huile de palme standard pour certains de ses marchés, comme la Chine par exemple, selon les chiffres de la société fournis à la RSPO.

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Les relations entre la RSPO et les industriels engagés dans cette filière sont parfois complexes. En 2018, Nestlé s’est ainsi retrouvé exclu de la RSPO pendant quelques semaines pour avoir enfreint les règles. Mais il est très vite rentré dans les rangs de peur de se voir mis à l’index par les consommateurs. En effet, la RSPO a décidé de mettre à l’amende les acheteurs s’ils n’augmentent pas leurs achats d’huile de palme durable d’au moins 15 % par an. Pour le moment, 19 % de l’huile de palme produite au niveau mondial, notamment en Indonésie et en Malaisie, bénéficie du certificat d’origine durable attribué par la RSPO.

Plongeon historique des cours de l’huile de palme en Malaisie

L’huile de palme fait face à d’importantes turbulences à Kuala Lumpur et enregistre sa plus violente baisse quotidienne depuis près de onze ans (-10 %), indique Agritel, société de conseil indépendante, experte sur les marchés de l’agri-industrie, dans un communiqué publié le 28 janvier. Deux causes majeures se combinent pour expliquer ce phénomène. La première est la récente prise de parole du gouvernement indien, annonçant un boycott des importations d’huile de palme de Malaisie, un des importants producteurs mondiaux. Cette décision intervient en représailles aux critiques du gouvernement malaisien sur l’action de l’Inde dans la région du Cachemire… Alors que 24 % de la production malaisienne a été exportée vers l’Inde en 2019, il n’en fallait pas plus pour affoler ce marché. La seconde cause est la propagation du coronavirus, qui inquiète fortement les opérateurs de l’ensemble des matières premières. L’effondrement des cours du palme n’est pas sans conséquence pour les agriculteurs français, puisque le colza est particulièrement dépendant des cours des huiles. « Depuis le début de la baisse de l’huile de palme il y a deux semaines, les cours du colza sur Euronext ont perdu 23 €/t, soit un repli de plus de 5 %", a précisé Agritel.