L’UE devrait s’engager à s’approvisionner en huile de palme certifiée durable d’ici à 2020 afin de limiter les impacts sociaux et environnementaux, notamment dans les pays de l’Asie du sud-est, selon une résolution adoptée, le 4 avril, par le Parlement européen réuni en session plénière à Strasbourg.
Dans la mesure où l’UE est le troisième débouché pour l’huile de palme et que les institutions financières européennes sont l’un des plus grands investisseurs dans ce secteur, l’UE et ses États membres devraient assumer cette responsabilité en s’attaquant au problème de front et en prenant des mesures qui permettront d’améliorer une situation actuellement critique. Le rapport de l’eurodéputée tchèque, Katerina Konecna (Gauche unitaire européenne), voté avec 640 voix pour, 18 contre et 28 abstentions, invite donc l’UE à s’engager à s’approvisionner en huile de palme 100 % certifiée durable, notamment en signant et en appliquant la déclaration d’Amsterdam en faveur d’une chaîne de production entièrement durable pour l’huile de palme à l’horizon 2020. S’ils prennent acte des efforts et des progrès du secteur de production alimentaire pour s’approvisionner en huile de palme certifiée durable, les eurodéputés constatent avec regret que ni le RSPO ni l’ISPO (1) ni aucun autre grand système de certification volontaire reconnu n’interdisent effectivement à leurs membres de convertir des forêts humides ou des tourbières en plantations de palmiers et qu’en conséquence, ils ne sont pas parvenus à éviter les puissants incendies de forêts et de tourbières. Ils demandent à la Commission de garantir un contrôle et un suivi indépendants de ces systèmes de certification, afin de garantir que l’huile de palme mise sur le marché de l’UE satisfait à toutes les normes nécessaires et qu’elle est produite de manière durable. Selon eux, la question de la durabilité dans le secteur de l’huile de palme ne peut être résolue par la seule application de mesures et de politiques volontaires, mais que des règles contraignantes et des systèmes de certification obligatoire sont nécessaires également pour les entreprises du secteur de l’huile de palme. L’objectif final devrait être le développement d’un système de certification unique qui garantisse que seule l’huile de palme produite de manière durable puisse entrer sur le marché de l’UE. Les eurodéputés demandent à l’UE d’introduire des critères de durabilité minimaux pour l’huile de palme et les produits qui en contiennent entrants sur le marché européen. La Commission doit améliorer la traçabilité de l’huile importée et devrait envisager la mise en place de barrières tarifaires et non tarifaires fondées sur l’empreinte carbone de l’huile de palme.
Par ailleurs les députés constatent avec inquiétude que 46 % du volume total d’huile de palme importé par l’Union européenne sont utilisés pour la production de biocarburants et que ce volume nécessite l’utilisation d’environ un million d’hectares de terres tropicales. Ils demandent à la Commission de prendre des mesures pour faire progressivement cesser l’utilisation d’huiles végétales qui entraînent la déforestation, y compris l’huile de palme, dans les biocarburants, de préférence d’ici 2020.
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(1) La RSPO (Roundtable on Sustainable Palm Oil) est une initiative volontaire multipartite créée en 2004, qui vise à promouvoir la mise en place d’une filière de production d’huile de palme durable. Elle représente les producteurs d’huile de palme, les sociétés agroalimentaires ou les distributeurs, les fabricants de biens de consommation, les détaillants, les banques et les investisseurs ainsi que des ONG de protection de l’environnement. La ISPO (Indonesian Sustainable Palm Oil) est une norme de certification d’huile de palme qui se veut durable mais qui est propre à la seule Indonésie, qui n’est pas partie prenante à la RSPO.
Aziz Ben Marzouq