Malgré un cadre européen exhaustif, les auditeurs européens estiment que les systèmes de contrôle de conformité de la filière l’huile d’olive contiennent encore des lacunes, en raison d’une application inégale dans les États membres.
« Des lacunes dans les systèmes de contrôle mis en place dans l’UE risquent de nuire à la qualité, à la sécurité et à la traçabilité de l’huile d’olive. » C’est la principale conclusion d’un rapport d’audit concernant les systèmes de contrôle de l’huile d’olive dans l’UE, publié le 14 janvier par la Cour des comptes européenne. L’objectif de ce rapport était d’analyser si les systèmes dans l’UE garantissent l’authenticité, la sécurité et la traçabilité de l’huile d’olive vendue sur son territoire. Pour ce faire, les auditeurs se sont rendus en Espagne, en Italie et en Grèce – 91 % de la production d’huile d’olive l’UE – ainsi qu’en Belgique – premier exportateur de l’UE et principal importateur de pays tiers.
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Selon les auteurs du rapport, l’UE dispose d’un cadre juridique exhaustif concernant les contrôles de conformité de l’huile d’olive, que les États membres n’appliquent pas dans son intégralité. En outre, les auditeurs notent que la présence de pesticides et d’autres contaminants n’est pas systématiquement contrôlée, notamment dans les importations (9 % du marché européen). L’audit a également fait apparaître que les contrôles de traçabilité ne permettent pas toujours de déterminer l’origine d’un produit. Enfin, certains États membres ne réalisent pas le nombre minimal de contrôles, effectuent des analyses incomplètes en laboratoire ou encore, excluent certains segments du marché de leurs analyses des risques. Par conséquent, Bruxelles ne dispose que d’une vision partielle du fonctionnement des systèmes de contrôle dans les États membres.
Des améliorations nécessaires
« Améliorer les contrôles, la traçabilité et la clarté juridique est essentiel, a déclaré Joëlle Elvinger, responsable de l’audit, il en va non seulement de la protection des consommateurs, mais aussi de la réputation de l’huile d’olive européenne ». La Cour des comptes européenne a donc formulé plusieurs recommandations à l’égard de la Commission européenne avec une échéance entre la fin 2026 et la fin 2028. L’exécutif européen les a toutes acceptées.
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Les auditeurs proposent de renforcer la surveillance de Bruxelles sur les systèmes de contrôles nationaux. Ils invitent la Commission à préciser les règles applicables à l’assemblage d’huiles d’olive vierges de différentes années de récolte ou de diverses catégories. Ils suggèrent également à l’exécutif européen d’améliorer les orientations relatives aux contrôles sur la présence de contaminants, en prenant notamment en compte explicitement les huiles d’olive importées dans leurs analyses des risques. Enfin, la traçabilité de l’huile d’olive devait être améliorée car aucune règle ou orientation n’indique précisément comment ou quand il faut contrôler cette traçabilité.
FM