La date de 2013 vient de se présenter comme horizon sur deux fronts: d’une part, au sein de l’Europe, une nouvelle Pac (politique agricole commune) devra être décidée pour la suite. Si le financement de la politique actuelle semble à peu près calé (en étant optimiste, et malgré des élargissements ultérieurs), la réforme sera indispensable pour la suite. C’est en tout cas ce qui a été décidé par les chefs d’Etat et de gouvernement à Bruxelles. D’autre part, à cette date, l’Europe se sera mise en ordre de marche pour ne plus vivre avec des subventions à l’exportation. C’est ce à quoi elle vient de s’engager à Hong Kong. Sans doute, dans les prochains mois, à Genève, une réduction des soutiens internes prendra en grande part 2013 comme référence. Tout cela signifie qu’au lendemain de cette date, en 2014, les agriculteurs devront s’être préparés pour vivre avec un prix très proche des cours mondiaux, avec des soutiens publics qui se limiteront aux aides rurales ou environnementales et sur un marché largement ouvert aux produits importés. A l’aube de 2006, cela laisse huit ans pour se préparer. Qu’est-ce que huit ans pour une exploitation agricole? Le temps de préparer une reprise par un jeune? La durée d’amortissement d’un tracteur? La consolidation d’une relation commerciale ou d’un marché nouveau? La mise en place d’une association avec un voisin? Et qu’est-ce que huit ans pour une filière? Pas beaucoup si l’on considère à quel point la mise en place d’interprofessions a traîné dans certaines d’entre elles. Pour toutes ces raisons, l’horizon 2014 devrait être inscrit comme objectif pour tous les agriculteurs, toutes leurs organisations agricoles et tous les organismes publics. En se donnant les moyens de réussir ce rendez-vous. Ce que l’on a appris en cette fin 2005, c’est qu’il n’y a plus de combat d’arrière garde possible.

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