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Ictyos tanne les peaux de poissons de consommation

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Ictyos tanne des peaux de saumon, de truite et d'esturgeon. Crédits : © Ictyos

La start-up Ictyos, qui vient de lever 1,4 million d’euros, collecte des peaux de poissons normalement jetées pour les transformer en cuir destiné à la maroquinerie. Ses fondateurs ont adapté la technique de tannage du cuir afin de minimiser son impact environnemental.

Les restaurants et les usines de filetage génèrent de grandes quantités de peaux de poissons qui sont jetées et nécessitent ensuite de l’énergie pour les incinérer. Or ce coproduit de la transformation a une valeur et peut servir de matériau à la maroquinerie. Telle est la réflexion menée par les trois cofondateurs d’Ictyos (Benjamin Malatrait, Emmanuel Fourault et Gauthier Lefébure), basé à Sainte-Foy, près de Lyon, et fondé en 2018. « Nous sommes parvenus à adapter les techniques de tannage du cuir aux peaux de poisson, en évitant le recours à des matériaux polluants comme le chrome, et en limitant la consommation d’eau », explique Benjamin Malatrait, directeur général de la société. Pour cela, le tannage est réalisé à partir de pigments végétaux afin d’obtenir des pièces de cuir marin de différentes tailles et couleurs. Ictyos propose ainsi un cuir marin teinté avec un coproduit du raisin issu de la filière viti-vinicole. La société affirme que sa technique de tannage consomme 34 fois moins d'eau que les techniques habituellement pratiquées.

Plusieurs espèces sont travaillées dans son atelier de 500 m2 comme le saumon, la truite et l’esturgeon. « Nous récupérons les peaux de saumon auprès de restaurants de sushis de la région lyonnaise, et nous avons déjà travaillé avec des ateliers de découpe de poisson ou des piscicultures », souligne Benjamin Malatrait. Les fondateurs tiennent à leur engagement : recourir seulement à des peaux de poissons issues de la filière alimentaire, refuser des espèces protégées ou pêchées trop loin des côtes françaises et privilégier la dimension locale.

Production réalisée en interne

Les peaux tannées par Ictyos trouvent leur débouché auprès des maroquiniers, horlogers ou créateurs de mode en quête de matériaux innovants, originaux, éthiques et à faible impact environnemental. Depuis sa création, la société a valorisé 40 tonnes des peaux de poissons brutes, et cette année, elle compte commercialiser 50 000 pièces auprès des professionnels, en France et dans une quarantaine de pays.

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Fin avril 2023, Ictyos annonçait une levée de fonds en capital de 1,4 million d’euros auprès de Demeter, via le Fonds d’amorçage industriel métropolitain (Faim) Lyon/Saint-Etienne dédié au financement des start-ups industrielles durables, et du fonds lyonnais JBC2, piloté par Joseph Brigneaud. Ce montant va être complété par une levée de dette de 600 K€. Cette opération intervient après une première levée en capital de 300 K€ réalisée en 2020 auprès d’un industriel et de business angels.

Fort de ces nouveaux fonds, Ictyos va poursuivre ses recrutements (afin de passer de sept collaborateurs à une quinzaine d’ici 4 ans), investir dans l’outil de production avec des nouvelles machines pour mettre au point de nouveaux procédés et augmenter la capacité, et enfin muscler sa force commerciale pour conquérir de nouveaux marchés internationaux.