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ICV et IAGE unissent leur savoir-faire dans les analyses du vin et de la vigne

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Olivier Couillerot cofondateur d'IAGE et directeur scientifique. Crédits : © IAGE

Le groupe ICV et le spécialiste de la biologie moléculaire IAGE annoncent leur partenariat dans les analyses œnologiques et le lancement d’une première solution de diagnostic PCR pour la détection des Brettanomyces bruxellensis, ces levures responsables de défaut aromatiques sur les vin.

L’Institut Coopératif du Vin (ICV) leader en France du conseil viticole et oenologiques et la biotech IAGE, leader de la biologie moléculaire de haute précision (digital PCR) ont annoncé le début de leur partenariat le mois dernier. Il s’agit d’un premier partenariat dans le vin pour la société IAGE qui a commencé à travailler dans ce secteur avec l’objectif de proposer une analyse de la vigne jusqu’aux chaix, qui a permis de lancer une toute nouvelle application sur la détection des Brettanomyces bruxellensis, une levure indésirable qui peut causer des défauts aromatiques sur les vins naturels notamment. « Le but de notre solution est de pouvoir diagnostiquer la présence de Brettanomyces bruxellensis le plus tôt possible, avant qu’il ne produise ses arômes et dénature complètement le produit. Et c’est là que l’ICV apporte tout son savoir-faire, en recommandant des actions correctives à mettre en place au vigneron concerné. IAGE apporte le diagnostic et l’ICV son conseil, l’un ne va pas sans l’autre », explique Olivier Couillerot cofondateur d'IAGE et directeur scientifique.

DIGI brett est une méthode de quantification absolue de Brettanomyces bruxellensis, c’est-à-dire que cette solution cible toutes les cellules, aussi bien celles qui sont actives et que celle qui sont dormantes, à la différence de la boite de Petri, la méthode de référence, la plus utilisée en microbiologie, qui ne détecte pas les Brettanomyces bruxellensis en état de dormance. Or ces cellules peuvent potentiellement se réveiller et causer des dommages, une fois le vin mis en bouteille par exemple. IAGE est la seule société à proposer ce test en PCR Digital sur les cellules dormantes.

C’est la grosse innovation qu’apporte DIGI brett, ainsi que l’industrialisation du process qui permet de faire chuter les prix pour rendre la méthode accessible à tout le monde. « Notre premier objectif a été d’industrialiser notre méthode de diagnostic PCR pour la rendre accessible. Elle peut être utilisée sur toute la phase de vinification, pour pouvoir mieux maitriser la contamination de Brettanomyces bruxellensis sur le vin », précise Olivier Couillerot.

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Suivre l’ensemble de la microflore du vin

L’ICV et l’IAGE qui parlent d’engager « une véritable révolution dans le domaine des analyses œnologiques », en faisant des diagnostics le plus en amont possible avant le développement des contaminants, se sont fixés plusieurs étapes. « Le Brettanomyces bruxellensis est présent dans les chais, dans les vignes, sur les baies de raisins, sur les feuilles de vigne… Notre second objectif est donc de pouvoir remonter ces origines de contamination, trouver le lien entre la microflore de la vigne, celle du chai et ensuite du vin. Au fur et à mesure de nos travaux, nous arriverons potentiellement à une gestion de ces contaminants, plutôt que des traitements », détaille le dirigeant.

Ensuite, IAGE élargira les cibles pour « suivre la microflore du vin de manière globale. On ne parle que de Brettanomyces, mais nous sommes déjà en train de travailler sur le suivi de l’ensemble de la microflore à la fois bénéfique et contaminante du vin. Ceci permettra de piloter beaucoup plus finement la fermentation, notamment pour les vins qui utilisent des principes de fermentation naturelle, avec à terme l’objectif de travailler aussi sur la microflore indigène, indique encore Olivier Couillerot. Une fois que nous aurons identifié ces ferments naturels, ces bonnes levures indigènes qui font le typicité du produit d’un client, nous pourrons mieux les connaitre et les suivre et donc permettre aux vignerons de mieux les utiliser. L’idée est de mieux comprendre les mécanismes, pour mieux appuyer le conseil et ne plus séparer le pilotage de la viticulture du pilotage de la vigne, mais au contraire les associer ».