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Fruits transformés ID Fruits sur la rampe de lancement de la quatrième gamme

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ID Fruit a pour credo de faire consommer des fruits frais transformés à toute heure et en toute occasion, en dessert comme en entrée et en plat chaud. Et elle s’en donne les moyens. La société a récemment présenté l’agrandissement de son usine d’Yffignac dans les Côtes-d’Armor, adossée à l’usine principale et siège de sa maison mère, le groupe Jean Stalaven, spécialiste du traiteur.

ID Fruits a investi près de 1 million d’euros pour accroître son potentiel de production de 1 800 à 3 000 tonnes. Les certitudes de cette société de 30 salariés, qui table pour 2004 sur un chiffre d’affaires de 7,3 millions d’euros, proviennent d’études de consommateurs qui démontrent, selon elle, un désintérêt pour les fruits. La consommation de fruits à l’état naturel aurait baissé de 9 % entre 1998 et 2003. ID Fruits juge donc opportun d’entrer sur le marché de la quatrième gamme avec une offre nouvelle.

Mono ou multi-fruits, épluchés, prédécoupés et présentés dans des coupelles ou petits conditionnements, ses nouveaux produits devraient être dévoilés fin janvier au Sirha (Salon international de l’hôtellerie, la restauration et l’alimentation) à Lyon, et lancés sur le marché dans les mois suivants.

Trois piliers d’activité

Avec cette quatrième famille de produits, ID Fruits veut saisir sa chance de toucher directement le consommateur final, alors qu’elle réalise aujourd’hui 90 % de son chiffre d’affaires dans la restauration hors domicile. Désormais, assure son directeur, Jean-Jacques Piriou, la société possède la structure commerciale optimale pour prendre rapidement de solides positions sur le marché.

Fondée en 1995 dans la Manche, reprise quatre ans plus tard par Stalaven, puis transférée à Yffignac, la société avait connu quelques vicissitudes à ses débuts. Le positionnement trop haut de gamme de sa principale gamme de produits, les terrines de fruits, n’avaient, semble-t-il, jamais convaincu son public. Sous la houlette de son actionnaire actuel, ses gammes ont été étoffées avec le choix délibéré de servir la RHD.

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Trois piliers forment son activité : les salades de fruits fraîches livrées en grands conditionnements, et en coupelles, à DLC de 15 à 21 jours. Selon le directeur commercial Olivier Vaudour, cette gamme progresse de 25 % l’an. Second pilier, les fruits cuisinés (pommes caramélisées avec morceaux…), dont la gamme sera enrichie prochainement d’un tartare de fruits. Troisième pilier enfin, les aides culinaires, qui transportent ID Fruits dans l’univers des entrées et plats chauds. Une activité qui dispose d’un important gisement de progression.

20 à 30 % de croissance annuelle

La société bretonne enregistre depuis deux ans des bonds de chiffre d’affaires de 20 à 30 % l’an, en raison de la structuration de ses activités comme de la maîtrise de ses approvisionnements, poursuit Jean-Jacques Piriou. La sélection des fournisseurs a été longue et difficile. ID fruits en a choisi une vingtaine à travers le monde, dans les deux hémisphères en fonction des saisons. Il ne s’agit pas seulement d’acheter au meilleur coût, mais de choisir un calibre et une qualité (texture et teneur en sucre notamment). « En moyenne, nous renvoyons 10 % de nos approvisionnements, non conformes », indique le dirigeant. L’entreprise a le même souci de contrôle sur son process industriel, même s’il est assez peu automatisé. La fragilité des fruits interdit encore la mécanisation de certaines tâches, telle la coupe. Toutefois, dans l’extension réalisée cet été, « des matériels plus performants ont fait leur entrée », explique Jean-Jacques Piriou, citant en exemple une éplucheuse d’agrumes capable de traiter une orange chaque seconde. En 2005 et 2006, 600 000 euros supplémentaires seront consacrés à l’acquisition d’une machine d’épluchage et débitage d’ananas, et à l’amélioration globale des conditions de travail. L’usine possède la certification Iso 9001. « Nous sommes le dernier établissement du groupe Stalaven à l’avoir obtenu, en avril 2004 », ajoute M. Piriou. Un agrément tout à fait indispensable pour ID Fruits dans la quatrième gamme. Sur une ligne de conditionnement avec adjonction de gaz, la société travaille à augmenter la DLC de 8-10 jours à 12 jours.

Acquisitions ou partenariats

La société costarmoricaine va montrer son savoir-faire, en 2005, dans les stations d’autoroute, des aéroports et des points de vente du réseau de restauration rapide Quick. Si tout se passe comme prévu, l’entrée des produits ID Fruits dans les grandes surfaces suivra. Le directeur commercial, Olivier Vaudour, est persuadé que « l’offre en quatrième gamme peut représenter 10 % du chiffre d’affaires de l’ensemble du rayon d’ici deux à trois ans. C’est un rayon qui va fortement progresser », affirme-t-il.

Sur son créneau, ID Fruits est confrontée à quelques opérateurs plus petits qu’elle, à l’exception de Délifruits qui associe préparations à base de fruits et jus de fruits. Dans le groupe Stalaven, la société ne devrait pas constituer seule le pôle fruits et légumes. Le groupe envisage de procéder à d’autres opérations de croissance externe, ou de nouer des relations de partenariat, comme avec la Sobreval, qui élabore et marine des légumes.