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Edito Idées reçues

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Les idées reçues ont la vie dure. Partout s’écrit et s’exprime, quels que soient les bords politiques ou syndicaux, la conviction selon laquelle la crise laitière est due à la dérégulation des marchés, la fin des quotas, etc. La réalité est tout autre. La fin des quotas ? On n’en est pas là. La production laitière de l’Europe se situe en dessous de son quota, de l’ordre de 5 % actuellement ; en France, la hausse prévue de 1 % du quota laitier a été gelée. Les outils de régulation ont-ils disparu ? Non. Ils ne sont peut-être pas suffisants mais ils existent et sont employés, comme les subventions à l’exportation de beurre. Le droit de donner des orientations de prix a-t-il été mis en pièce par la Direction de la Concurrence (DGCCRF) dans sa fameuse lettre de 2008 ? Non. Aujourd’hui, l’interprofession laitière a exactement les mêmes moyens qu’hier de fixer des orientations. Et d’ailleurs, hier, elle ne «fixait» pas les prix mais se bornait à des recommandations qui n’avaient de poids que si les entreprises, en région, le voulaient bien.

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Ce n’est donc pas la faute de la dérégulation ou du méchant libéralisme. C’est un problème de marché mondial et de comportements français. Marché mondial : les cours des grands produits industriels se sont effondrés comme ils le font cycliquement. À cela s’ajoute une stagnation, voire une baisse des prix des produits de grande consommation sur lesquels les grandes surfaces veulent conserver des marges confortables. Comportement français : cette fois-ci, et dans un contexte de crise économique générale, les entreprises laitières ont jugé qu’elles avaient plus à gagner à se faire concurrence sur les prix d’achat qu’à s’entendre. D’où la surenchère à la baisse qui est, en partie, la cause du résultat de l’accord interprofessionnel du 3 juin.