Une start-up du Mato Grosso du Sud mène trois projets de recherche sur l’identification des bovins par imagerie avec l’aval des secteurs privé et public. Elle pourrait remplacer le marquage au fer.
L’identification individuelle des bovins par boucle ou puce électronique reste facultative au Brésil et limitée, pour l’heure, au circuit Sisbov où sont inscrites les fermes agréées pour l’export vers l’UE. Au Brésil, le marquage au fer est la règle, il est obligatoire pour assurer leur suivi d’une propriété à l’autre.
La jeune société brésilienne KeroW, créée par un couple de chercheurs, M. et Me. Weber, a développé depuis 2020, au Mato Grosso du Sud, un système d’identification des bovins par imagerie 2-D de la tête, des flancs, de la partie arrière et des mamelles des animaux.
« Ce premier projet a été testé sur 50 bovins de la région du Pantanal dans le cadre de la conservation d’une lignée d’animaux originaires du Portugal dont il ne reste environ que 500 spécimens", raconte Fabrízio Weber. "Nous avons pris des milliers de photos de chacun d’eux pour parvenir à un taux de reconnaissance par biométrie de 98 %. Aujourd’hui, ce ratio de précision peut être obtenu à partir de 3 ou 4 photos, et ce n’est que le début », précise-t-il. Deux autres projets de recherche portent sur la reconnaissance biométrique de la gueule et du museau des bovins.
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Soutien syndical et public
D’ici quatre ans, la moitié du cheptel bovin du Mato Grosso do Sul – soit 18 millions de têtes, NDLR – sera identifiée individuellement, assure M. Weber. « Nous avons le soutien total du syndicat de la Confédération nationale d’agriculture (CNA) et du ministère des sciences du Brésil, lequel nous a donné une subvention de près de 150 000 euros », informe-t-il.
« Le principal avantage de l’identification bovine par biométrie, comme elle est déjà appliquée sur les humains dans les aéroports, relève du bien-être animal, car elle remplacerait le marquage au fer. Ses deux autres avantages sont la réduction du temps de travail à la ferme (nécessaire à la pose des boucles) et la réduction des coûts. » KeroW vise les marchés brésilien, soit 234 millions de têtes, et mondial. Elle commence à peine à ouvrir son capital aux investisseurs.
Toujours au Brésil, un autre système d’identification fondé sur la biométrie de l’iris des bovins est testé depuis mai 2022 par le syndicat d’agriculteurs de la CNA. Celui-ci serait même en voie d’homologation par le ministère de l’Agriculture du Brésil. Mais la CNA est demeurée muette à nos sollicitations.