Le nouveau président de l’Ania Jean-Philippe André a insisté sur la très forte augmentation des coûts des matières premières agricoles, des emballages et des transports, à quelques semaines de l’ouverture des négociations commerciales.
Jean-Philippe André, fraîchement élu à la tête de l’Ania pour succéder à Richard Girardot, a réservé sa première prise de parole à la presse spécialisée le 15 septembre. « Président opérationnel », a-t-il souligné puisqu’il est aussi à la tête de la filiale française du confiseur allemand Haribo, Jean-Philippe André s’est inscrit dans la ligne de ses prédécesseurs. Parmi ses priorités : « Porter haut la voix de notre industrie auprès des pouvoirs publics, des politiques, des médias et des Français ; relever les défis industriels, sociétaux et environnementaux du secteur ; dénoncer la guerre des prix, un système destructeur pour notre industrie et notre alimentation ; et se montrer plus ouverts et transparents, et plus affirmés sur nos engagements et nos métiers ».
« Il est impératif de recréer de la valeur pour assurer la souveraineté alimentaire du pays », a-t-il indiqué. Un thème privilégié de l’Ania depuis ces dernières années marquées par une destruction de valeur pour les entreprises agroalimentaires, sans cesse rappelée par l’association, chiffrée à 6 milliards d’euros depuis 2013. Cette année, la question a un retentissement particulier, car les matières premières agricoles, les emballages et le fret maritime connaissent de très fortes hausses, que les entreprises souhaitent répercuter à l’occasion des négociations commerciales qui débutent dans quelques semaines avec la grande distribution.
Les pénalités logistiques dans le viseur
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Autre sujet : les pénalités logistiques « disproportionnées » imposées par les distributeurs et qui « font peser une pression financière considérable » sur les entreprises. Selon l’Ania, elles représentent 200 millions d’euros de coût en année pleine. Si rien n’est fait, le taux de marge des entreprises pourrait reculer de 7 % en 2021, l’équivalent de 900 millions d’euros, affirme l’Ania.
La proposition de loi Egalim 2, en cours de discussion, est vue comme « une opportunité pour recréer de la valeur et mieux la répartir, a indiqué Jean-Philippe André, mais pour améliorer les revenus agricoles, il faut renforcer le tarif de l’industriel ». Sans se prononcer sur l’avenir, le nouveau président a estimé que « les prochaines négociations commerciales seront le véritable juge de paix ».