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Guillaume Garot, député PS « Il faudra inventer de nouveaux outils de régulation »

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Le député socialiste de la Mayenne Guillaume Garot a détaillé auprès d’Agra Presse le programme agricole de la candidate à l’élection présidentielle Anne Hidalgo, qu'il conseille sur les thématiques agriculture et alimentation. Pour améliorer le revenu des agriculteurs, il propose d’abord d'« évaluer » Egalim 2, mais aussi de « généraliser » les contrats tripartites, de soutenir d’avantage les organisations de producteurs, et d'« inventer de nouveaux outils de régulation » à l’échelle européenne. Le député précise également les intentions de la candidate sur le soutien au bio et le bien-être animal.

Sur le partage de la valeur, deux lois ont été adoptées en ce sens sur le quinquennat. Prévoyez-vous une loi Egalim 3 ?

Egalim 1 n’a pas fonctionné. Elle a été vendue comme une loi qui allait régler tous les problèmes de revenu agricole. D’où beaucoup de désillusions dans le monde agricole. Egalim 2 commence à se mettre en place. Ses résultats devront être évalués. Encore une fois, je le répète : nous, Français, ne sommes pas seuls au monde. Renforcer les organisations de producteurs est, à mes yeux, ce qui va permettre le meilleur équilibre possible dans la discussion avec la transformation, la distribution. Mais c’est à l’échelle européenne que le sujet doit être porté. Quels leviers pour mieux réguler demain nos productions, nos volumes ? Le débat doit être constamment entretenu. Car sans régulation, pas de solution.

Vous évoquez des contrats tripartites. Visez-vous les filières bovines uniquement, ou plus large ?

Les contrats tripartites doivent être généralisés, poussés le plus loin possible. Quand j’étais ministre de l’Agroalimentaire, en 2013, j’ai moi-même défendu l‘idée. Peu d’échos lui ont été donnés. Maintenant, ça reste un des leviers en faveur du revenu agricole. En plus des contrats tripartites, il faudra inventer de nouveaux outils de régulation avec nos partenaires européens.

Vous visez 30 % de surfaces bio en 2030, le reste en agroécologie. C’est plus que les 25 % du Green deal. Comment y parvenir, alors que la France est aujourd’hui à moins de 10 % dans un secteur en crise de croissance ?

Nous tenons à fixer un objectif. Tout en étant réaliste. C’est important de dire, année après année, comment s’y prendre. Des moyens massifs sont nécessaires dans la formation, l’accompagnement. En lien avec les régions, nous allons tripler les budgets servant à former les agriculteurs.

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Ça ne résout pas les difficultés de marché. Comment soutenir la demande ?

Avec une offre plus élevée en volume, les prix ne seront plus les mêmes, et pas dans une inflation permanente. Cela répond à notre priorité autour d’une alimentation saine, sûre, accessible à tous. Le bio n’est toutefois pas l’alpha et l’oméga de la qualité. Toute l’offre alimentaire doit s’inscrire dans une amélioration continue. Pour cela, nous mettrons en œuvre des contrats de filière avec l’industrie alimentaire, tous les acteurs de la production, pour que dans l’assiette il y ait moins de gras, de sucre, de sel. Ces objectifs seront fixés à un horizon de cinq ans. Chaque participant énoncera les moyens pour y arriver. Et au bout du quinquennat, si les objectifs ne sont pas atteints, nous réglementerons.

Comment parvenir à deux tiers des surfaces en agroécologie, sans s’exposer trop à la concurrence internationale et européenne. Et qu’entendez-vous derrière ce terme ?

L’ambition, le réalisme nous animent. Il faut se libérer à terme des phytos. L’agriculture doit s’engager résolument dans la transition écologique. Cela passe par le bio, la HVE. Une HVE qui devra être précisée, dans l’idée d’une certification exigeante.

Pourquoi souhaitez-vous des Assises du bien-être animal ? Quels sont vos objectifs sur ce thème ?

Nous voulons emmener tout le monde dans un processus d’amélioration continue. Avec un souci de réalisme : pas en ayant des exigences pour le lendemain quand des investissements très élevés ont déjà été faits dans la modernisation des bâtiments, de l’outil d’exploitation. Les Assises mobiliseront tous les acteurs, de l’élevage, des associations de protection animale. Une méthode sera fixée : recourir à la science pour partager les constats. Au terme des Assises, les pouvoirs publics devront arbitrer. Leur rôle est de tracer le chemin, dire comment progresser, à quel rythme, avec quels moyens.

« Toute l’offre alimentaire doit s’inscrire dans une amélioration continue »