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AG Snia « Il faut communiquer ! »

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Pour les éleveurs et les fabricants d’aliments réunis lors d’une table ronde organisée lors de l’assemblée générale du Snia le 18 mai, « Il faut communiquer davantage et mieux » et « affiner le lien entre journalistes et entreprises ». Pour Alain Decrop, ancien directeur général d’Evialis, « Croire en l’avenir, c’est bien de défendre nos productions animales et faire imposer les mêmes exigences aux produits importés qu’aux nôtres ».

«Il nous faut communiquer davantage et mieux » se sont accordés à dire les participants de la table ronde « Fabricants-éleveurs : construire l’avenir » le 18 mai lors de l’assemblée générale du Syndicat national des industriels de la nutrition animale (Snia) à Orléans. Pour Aurelio Sebastio Aguilar, expert conseiller auprès du président du groupe espagnol Pascual, « il faut avoir une unité de communication la plus grande possible et aller plus souvent vers les journalistes de manière organisée ». « Il faut travailler avec des experts de la communication » estime pour sa part le président de la Fédération nationale bovine (FNB), Pierre Chevalier, se félicitant des campagnes du Centre d’informations des viandes, notamment sur la crise aviaire. Roger Blanc, président du Sommet de l’élevage, pense également qu’il « faut affiner le lien entre journalistes et entreprises ». Pour les différents intervenants du débat, la presse semble avoir une importance primordiale. Beaucoup estiment que « les médias grands publics sont particulièrement alarmistes et négatifs dans le cas de problèmes sanitaires, comme pour la grippe aviaire ». D’où l’importance de renforcer le lien avec la presse pour être écouté du consommateur.

Un juste milieu à trouver

« Il faut communiquer sur la qualité de nos produits pour le consommateur car nous ne pouvons pas lutter contre les prix des productions brésiliennes ». Mais les consommateurs sont-ils prêts à payer un produit plus cher même si il est de qualité ? « Faut-il continuer à aller vers toujours plus d’exigences et de traçabilité ? » s’interroge Jean-Jacques Dumas, président de DFP Nutraliance. « Il faut trouver un juste milieu entre les efforts faits sur les produits et les attentes du consommateur final » estime Alain Decrop, ancien directeur général d’Evialis. Mais « à cause du développement du Hard-Discount, la grande distribution met une forte pression sur les entreprises et les producteurs pour faire baisser leurs prix » souligne Jacques Lemaître, président de l’Institut technique du porc (ITP).

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Imposer les mêmes contraintes sur les importations

Si les professionnels se préoccupent de communiquer mieux et davantage, c’est bien par crainte du contexte international et notamment des négociations à l’OMC. « La Commission européenne va tromper les consommateurs en supprimant les droits de douane. Cela aura pour conséquence d’augmenter les importations de viandes qui n’obéiront pas aux mêmes exigences de qualité que celles que nous avons dû mettre en place dans nos productions » a mis en garde Pierre Chevalier. Pour Alain Decrop, « Croire en l’avenir, c’est bien de défendre nos productions animales et faire imposer les mêmes contraintes aux produits importés qu’aux nôtres ». Enfin, « l’avenir du secteur passe aussi par une nécessité de partenariat accru entre les fabricants et les éleveurs » a ajouté Pierre Chevalier. « Un aliment de qualité doit apporter certaines performances pour l’animal et présenter aussi une garantie sanitaire auprès du consommateur » a indiqué Roger Blanc. « Il est important que les éleveurs valorisent aussi nos produits et leur qualité » déclarait pour sa part Caroline Huttepain-Peltier, directrice générale de Huttepain Aliments.