« Il faut progresser sur les modalités de fixation des prix du lait », affirme le ministre de l’Agriculture Michel Barnier. Selon lui, « il n’est pas normal que des éleveurs livrent du lait pendant un mois et demi sans en connaître le prix et sans savoir quelle sera l’évolution un mois et demi plus tard ! ». Pour autant, le ministre ne veut pas déroger à la règle de libre concurrence : plutôt que de parler d’orientation nationale sur le prix du lait, il évoque seulement la production d’indices« permettant de faciliter les négociations ».
Vous demandez que le dialogue en interprofession laitière soit renoué. Aujourd’hui, cette interprofession a-t-elle la possibilité juridique de définir les conditions dans lesquelles les prix du lait seront fixés ? Pour débloquer la situation, ne faut-il pas lui permettre à nouveau de définir les modalités d’un accord sur le prix du lait.
Le gouvernement a clarifié le rôle de l’interprofession laitière, le Cniel, par la loi, fin 2008. Dans ce cadre, le Cniel est autorisé à élaborer des indices qui peuvent être de deux ordres :
– des indices de marché qui permettent d’évaluer l’évolution des différentes valorisations du lait français ;
– des indices d’environnement qui permettent d’appréhender d’une part l’environnement concurrentiel européen, et d’autre part les contraintes liées à la production de lait dans les exploitations agricoles.
Ces indices peuvent être mis à la disposition de l’ensemble des acteurs de la filière, et permettre notamment de faciliter les négociations sur le prix du lait entre producteurs et transformateurs.
La discussion en interprofession régionale a-t-elle un sens s’il n’y a pas une orientation générale au niveau national ?
Ces indices, produits par le Cniel, donnent l’image globale du marché et orientent donc les discussions. Au niveau régional, ils peuvent être repris et complétés afin de préciser la composition du prix du lait, notamment en fonction des spécificités territoriales.
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Aujourd’hui, les producteurs de lait livrent leur produit sans connaître le prix qui leur sera payé. Que pouvez-vous faire pour que, sur leur contrat, figure un engagement sur ces prix de la part des laiteries. N’est-ce pas indispensable pour aboutir un jour à une contractualisation entre éleveurs et laiteries ?
Les producteurs et les transformateurs doivent avoir de la visibilité sur leurs engagements mutuels. Il n’est pas normal que des éleveurs livrent du lait pendant un mois et demi sans en connaître le prix et sans savoir quelle sera l’évolution un mois et demi plus tard !
Au-delà de la situation actuelle qui nécessite une médiation, il faut bâtir les fondements d’une nouvelle relation contractuelle entre éleveurs d’une part, entreprises de collecte et de transformation d’autre part.
Il faut progresser sur les modalités de fixation des prix payés aux producteurs avant la collecte.
Il faut progresser sur les engagements respectifs des producteurs et des transformateurs.
Il faut progresser sur la transparence des prix et des marges.