Abonné

Michel Fosseprez « Il faut que nous montrions de quoi nous sommes capables »

- - 5 min

Président du groupe InVivo, Michel Fosseprez fait le point sur les nouvelles orientations du groupe. Parmi les priorités de 2008 : mettre en place de manière opérationnelle le rapprochement avec Evialis, organiser l’offre française en céréales pour pouvoir être présent sur les marchés export. Michel Fosseprez veut également favoriser le rapprochement avec les coopératives européennes, pour massifier les achats en agrofourniture, notamment.

Agra Presse : Le rapprochement d’Evialis et d’InVivo reste à finaliser. Quels sont les points importants du dossier ?

Michel Fosseprez : Le marché français de l’alimentation animale étant mature, voire en baisse structurelle, nous souhaitons construire des synergies industrielles et logistiques entre les usines d’Evialis et les pôles coopératifs régionaux, partout où cela présente un intérêt économique pour les parties prenantes. De nombreuses synergies existent également entre les fonctions R & D, les achats, l’activité des laboratoires ou la santé animale, que nous allons exploiter. Enfin, à l’international, les implantations d’InVivo et d’Evialis sont complémentaires et nous avons de nombreux projets de développement.

Quelles sont vos priorités stratégiques pour InVivo Marchés en 2008 ?

La présence d’un opérateur français disposant d’une force de commercialisation importante sur le marché mondial est un atout pour les coopératives. Alors que les marchés des matières premières sont en profonde mutation avec notamment une très grande volatilité des prix, nous devons renforcer nos compétences en matière d’analyse des marchés, de conseils aux coopératives et de gestion des risques. En interne, autour d’InVivo Marchés et de Sigma Terme, nous renforçons la politique des engagements qui nous permet de regrouper une offre « France ». Nous devons nous organiser pour assurer une présence durable de l’offre française sur les marchés export.

Comment cela peut-il s’organiser ?

Les céréaliers, France Export Céréales, les coopératives avec InVivo et les organismes qui gèrent les installations portuaires comme Sénalia doivent penser collectivement. Le contexte est favorable à la réflexion. Il faut que nous essayions en tout cas de nous entendre sur une ambition pour la ferme France.

Comment envisagez-vous l’avenir du groupe en agrofournitures ?

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

céréales
Suivi
Suivre
agrofourniture
Suivi
Suivre

Nous devons sécuriser les approvisionnements des agriculteurs, développer notre rôle de centrale de référencement et d’achats pour améliorer la compétitivité des coopératives partenaires. En engrais, la matière première se raréfie. Nous devons aller le plus loin possible dans le « sourcing », jusqu’aux pays producteurs eux-mêmes s’il le faut. Nous devons également massifier la demande. Il faut organiser l’approvisionnement à la dimension des outils opérationnels sur le marché mondial, pas à la mesure des outils français. Sinon, les gros bateaux iront au Brésil ou en Chine. En santé végétale, il faut que nous atteignions une taille critique qui nous permette de négocier avec les firmes sur les orientations que nous souhaitons les voir prendre. Nous avons déjà fait un grand pas en avant avec notre nouvelle stratégie santé végétale basée sur un partenariat très fort entre InVivo et ses coopératives.

Cela signifie probablement davantage de collaboration avec nos voisins européens. Seront-ils difficiles à convaincre ?

Je sens de plus en plus de demande de la part des coopératives situées autour de la France pour nous rejoindre. Jusqu’à présent, nous avions quelques coopératives belges ou luxembourgeoises dans le réseau, mais nous ne nous étions pas préoccupés de l’efficacité de la coopération au niveau européen. Or au travers des contacts que nous avons, nous nous apercevons que nous avons les mêmes préoccupations. Le Copa/Cogeca a eu une démarche suffisante jusqu’alors, fédérale, syndicale et politique. Il faut désormais que nous allions plus loin en termes de structuration économique. Nous devons parfaire le réseau européen dans les semaines qui viennent. Nous sommes dans la mondialisation, c’est incontournable. Il faut que nous montrions de quoi nous sommes capables.

Comment voyez-vous la question des OGM aujourd’hui ?

Nous avons un retard considérable compte tenu des mouvements citoyens. Le retour de balancier viendra. Nous devons consolider la recherche en semences au niveau européen. Mais nous resterons sur un processus de sélection classique. Il faut en tout cas que les organisations agricoles françaises essaient le plus souvent possible de faire en sorte qu’une réglementation européenne se mette en place. Il faut plus de cohérence. Nous ne pouvons pas accepter les distorsions de concurrence créées par les importations de produits OGM, par exemple. Que l’OMC libéralise c’est une chose, mais au sein de l’Union, le consommateur a le droit de revendiquer comment produire ou comment manger.

La réglementation sur le comment produire, sur l’environnement, etc., ne peut plus s’envisager par Etat, c’est la raison pour laquelle nous militons pour des réglementations cohérentes au niveau européen.