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« Il faut reconnaître les différents modèles agricoles »

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« Chaque pays doit avoir un droit de déterminer ses propres politiques agricoles », a lancé Ndiogou Fall, président du Réseau des organisations paysannes et de producteurs de l’Afrique de l’Ouest (Roppa), lors du débat organisé le 23 mars sur le thème « Les enjeux internationaux : quelles perspectives pour les agricultures européenne et française ? ». Sensiblement du même avis, Bernard Martin, président de la Fédération nationale ovine, interpellait Jande Madden, ministre à l’ambassade d’Australie en France, qui souhaitait que la France ouvre davantage ses frontières aux exportations australiennes de mouton. « Pouvez-vous accepter de reconnaître nos différents modèles d’agriculture et ne pas les confronter ? Vous devez reconnaître nos spécificités ! Nous ne pouvons adopter votre modèle», lançait-il. « Nous avons trop de différences. Nous avons le droit d’avoir des instruments différents pour exister. L’approche régionale avec des accords bilatéraux est peut-être une solution», déclarait de son côté Eduardo Baamonde Noche, président du Copa-Cogeca. « Le libéralisme est à l’origine de l’accélération de notre pauvreté. Il n’a pas permis le développement de l’Afrique. Il nous faut revenir en arrière et mettre en place des règles pour assurer la survie des acteurs de toutes les agricultures», ajoutait Ndiogou Fall. Mais la représentante australienne a mis en garde contre un retour à des politiques protectionnistes dans le monde. « Cela ne sera ni bon pour nous, ni bon pour vous, car la France est le deuxième plus grand exportateur mondial en agroalimentaire », a prévenu Jane Manden.