En se plaçant « face aux Français » sur TF1, Nicolas Sarkozy a été rattrapé par la question agricole et ce qu’il en a dit laisse tout le monde sur sa faim : rétablir le rapport de force entre les producteurs et les grandes surfaces, poser la question de la répartition de la valeur ajoutée, qu’est-ce à dire ? La réplique n’a pas tardé à venir du côté de la FCD, mi-cinglante mi-ironique : « Cela revient à entretenir l’illusion qu’il y aurait un sac d’or enterré au pied d’un arbre et qu’il n’y aurait qu’à se servir ». Pour Jérôme Bédier, les acheteurs de produits laitiers par exemple sont face non à des dizaines de milliers de producteurs mais à six ou sept industriels, et la bonne manière d’introduire le débat et de résoudre les crises n’est pas dans le partage de la valeur ajoutée, c’est de travailler à la compétitivité et à l’organisation des marchés et des filières car le revenu agricole dépend de l’équilibre de ces marchés. Sinon, on aurait déjà découvert le pot aux roses à travers les quelques travaux menés par l’Observatoire des prix et des marges. D’où l’intérêt de les généraliser à toutes les filières et à tous les stades et d’où aussi l’importance que la distribution accorde au grand chantier de la réforme agricole porté par le projet de loi de Bruno Le Maire. « Un rendez-vous qu’il ne faudrait surtout pas manquer », selon le président Bédier qui veut en profiter pour faire passer deux idées, l’obligation d’indiquer l’origine de l’ingrédient majoritaire d’un produit fini, et la possibilité « en temps de crise grave » de fixer un prix minimum.
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