En riposte à l’embargo que la Russie inflige à ses produits agricoles, l’Ukraine en impose un à ce pays qui, lui-même, en applique un autre contre la Turquie, laquelle pourrait porter plainte à l’OMC…
L’Ukraine a annoncé le 2 janvier l’instauration à compter du 10 janvier, et jusqu’au 5 août 2016, d’un embargo sur la viande, le fromage, le café, l’alcool, le thé, les friandises, le poisson, les cigarettes, mais aussi les cosmétiques et les équipements pour chemin de fer et locomotives, en provenance de la Russie. Elle répond ainsi à la décision de ce pays de lui appliquer le 1er janvier, date d’entrée en vigueur de l’accord de libre-échange entre Kiev et l’UE, l’embargo sur les produits agroalimentaires qu’il impose déjà aux pays occidentaux (1).
À la même date, Moscou a également exclu l’Ukraine de la zone de libre-échange liant plusieurs pays de l’ex-URSS, ce qui a amené Kiev à introduire des droits de douane sur les produits russes.
Le 1er janvier encore, Moscou a mis en œuvre l’embargo contre la Turquie décrété pour sanctionner la destruction d’un de ses bombardiers le 24 novembre (2). Cette interdiction concerne les fruits, les légumes, la volaille, les fleurs et le sel, produits qui ont représenté sur la période de janvier à septembre 2015 un montant de 579,7 millions $ d’importations en Russie (18,9 % de l’ensemble des exportations turques vers ce pays).
La Russie aurait décidé de détruire les produits turcs visés qui se trouveraient à ses frontières, comme cela a été le cas pour les produits de l’UE, des États-Unis et autres pays occidentaux dans le cadre de l’embargo politique décrété par Moscou.
Ankara envisage de porter plainte à l’OMC contre les sanctions commerciales que lui inflige Moscou.
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(1) Voir n° 3527 du 04/01/16
(2) Voir n° 3523 du 07/12/15
Prêt de la BEI pour l’agroalimentaire ukrainien
La Banque européenne d’investissement (BEI) et Kiev ont signé fin décembre un accord pour le prêt de 400 millions € destinés à financer des projets initiés par les PME ukrainiennes du secteur agroalimentaire, et les aider ainsi à saisir les opportunités offertes par l’accord de libre-échange avec l’UE. Ce soutien permettra au secteur de « moderniser ses technologies de production et de transformation », de « développer de nouvelles capacités de stockage et logistiques » et de poursuivre l’adaptation des normes nationale à celles de l’UE, a souligné le premier ministre ukrainien, Arseni Iatseniouk.