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Importations ukrainiennes : dans l’attente d’une proposition de l’UE

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Un moment évoquée pour le mois de janvier, la proposition de la Commission européenne, qui doit remplacer les décriées mesures commerciales autonomes pour l’Ukraine, se fait toujours attendre. Si Christophe Hansen affirme qu’il n’y a pas de blocage, les pays frontaliers font pression pour obtenir des gages face aux importations agricoles.

« L’ALECA UE-Ukraine (l’accord de libre-échange, N.D.L.R.) joue un rôle crucial, la Commission européenne s’est engagée à accélérer l’intégration progressive de l’Ukraine dans le marché unique de l’UE », a déclaré, le 25 février sur le réseau social X, le commissaire au Commerce Maros Sefcovic à l’occasion d’une visite du Collège en Ukraine pour marquer le 3e anniversaire de l’invasion russe. Mais la proposition de la Commission européenne visant à élargir le champ d’application de l’élimination mutuelle des droits de douane dans le cadre de l’accord entre l’UE et l’Ukraine se fait toujours attendre. Et l’horloge tourne puisque les mesures commerciales autonomes actuellement en vigueur se termineront le 5 juin. « On doit concrétiser rapidement », a reconnu, le 24 février lors de la conférence de presse à l’issue de la réunion des ministres de l’UE, le commissaire européen à l’Agriculture, Christophe Hansen. Interrogé sur le calendrier, le Luxembourgeois a confirmé que le travail interne à la Commission européenne était en cours et qu’il n’y avait « pas d’obstacle » à la proposition. Mais, il le sait, la question des importations agricoles ukrainiennes reste un sujet sensible tant chez les organisations professionnelles que parmi les eurodéputés et les États membres.

Pressions frontalières

Ainsi, les ministres de l’Agriculture de quatre pays de l’UE frontaliers de l’Ukraine (Hongrie, Slovaquie, Bulgarie, Roumanie) appellent la Commission européenne, dans une lettre envoyée le 21 février, à mettre en place des mesures pour éviter de déstabiliser le marché européen, en revenant à la situation d’avant la guerre. Ces États membres souhaitent également la mise en place d’une « protection automatique » et de quotas individuels pour les États membres frontaliers sur une base régionale. Enfin, ils exigent que les produits agricoles ukrainiens respectent les normes de l’UE en matière sanitaire et phytosanitaire, de bien-être animal, de santé publique et environnementale.

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« Nous sommes solidaires de l’Ukraine, mais nous protégerons les moyens de subsistance et la compétitivité de nos agriculteurs », a d’ailleurs déclaré le Hongrois Istvan Nagy, un des signataires, sur le réseau social Facebook à la veille de la réunion du Conseil Agriculture. Et d’ajouter : « Nous attendons avec impatience de voir si Bruxelles prendra en compte cette fois-ci les intérêts des agriculteurs d’Europe de l’Est, ou si elle les trahira à nouveau, comme elle l’a fait en septembre 2023 en ne prolongeant pas l’interdiction d’importation de l’UE ». Le ministre conclut en promettant un maintien des mesures nationales hongroises « aussi longtemps que nécessaire ».