Abonné

Importations ukrainiennes : feu vert définitif des Vingt-sept

- - 3 min

Après l’adoption par les ministres de l’UE (loin d’être unanimes) le 13 mai, plus rien ne fait désormais obstacle à la prolongation des mesures commerciales autonomes, qui n’incluent donc pas le blé. Du côté ukrainien, les professionnels attendent maintenant le lancement du dialogue sur la relation future.

Quelques semaines après les parlementaires européens, les ministres de l’UE ont définitivement adopté le 13 mai, à l’occasion d’une réunion du Conseil Éducation, jeunesse, culture et sport, la prolongation des mesures commerciales autonomes à destination de l’Ukraine. Ce dernier feu vert devrait permettre une publication très prochaine au Journal officiel de l’UE, une fois que les présidents du Conseil et du Parlement européen auront signé formellement l’acte législatif. Il devrait entrer en vigueur le 6 juin pour une année supplémentaire (jusqu’au 5 juin 2025). Comme prévu, le blé (et l’orge), sujet le plus sensible tout au long des discussions, n’est pas inclus au sein du système de « frein d’urgence » permettant un renforcement des mesures de sauvegarde. À la place, les ministres de l’UE ont donné leur approbation à des déclarations additionnelles dans lesquelles, l’exécutif européen s’engage à accorder « une attention particulière » au suivi des importations de céréales en provenance d’Ukraine.

Pas d’unanimité

Si le texte a obtenu la majorité qualifiée des États membres nécessaire à son approbation, il n’a cependant pas été soutenu à l’unanimité des délégations. La Hongrie, la Pologne et la Slovaquie, qui figurent parmi les pays en première ligne face aux importations ukrainiennes, ont voté contre alors que la Bulgarie, elle, s’est abstenue. Dans son communiqué daté du même jour, le vice-président exécutif de la Commission européenne en charge du Commerce international, Valdis Dombrovskis, a salué la prolongation de ces mesures, « un soutien vital pour l’économie ukrainienne ». Et d’ajouter qu’elles « nous permettront de continuer à acheminer les marchandises ukrainiennes, tout en tenant compte des préoccupations du secteur agroalimentaire de l’UE ».

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Commission européenne
Suivi
Suivre
céréales
Suivi
Suivre

Lire aussi : Importations ukrainiennes : Strasbourg valide les mesures commerciales

Ce sentiment est partagé par les entreprises agricoles ukrainiennes (UCAB – Ukrainian Agrobusiness Club) qui accueillent favorablement une décision marquant « la fin d’un processus difficile, qui a connu de nombreuses embûches et déceptions pour les agriculteurs et les producteurs agricoles ukrainiens. » Elles se tournent dorénavant vers la révision des relations entre Bruxelles et Kiev, espérant notamment que cette prolongation permettra d’ouvrir « la voie à un dialogue constructif entre l’Ukraine et l’UE sur la manière d’établir un régime commercial bilatéral amélioré à plus long terme qui serait applicable jusqu’à l’adhésion de l’Ukraine à l’UE ». Dialogue auquel les entreprises agricoles ukrainiennes espèrent pouvoir contribuer, tout comme les organisations et les coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) pourtant peu satisfaites du résultat.