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Importations ukrainiennes : les eurodéputés dénoncent l’échec des Voies de solidarité

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Les eurodéputés réunis en commission de l’Agriculture ont vivement dénoncé l’inaction de la Commission européenne pour améliorer le transit des céréales ukrainiennes via les Voies de solidarité. Ils l’appellent à présenter rapidement des solutions concrètes pour aider sur le long terme les agriculteurs européens voisins de l’Ukraine.

Alors que l’afflux de céréales ukrainiennes bon marché déstabilise les marchés des pays de l’UE limitrophes à l’Ukraine (Pologne, Roumanie, Hongrie, Slovaquie, Bulgarie), les eurodéputés réunis en commission de l’Agriculture ont vivement critiqué le 28 juin la passivité de la Commission européenne pour améliorer les Voies de solidarité.

Le président de la Comagri, Norbert Lins, a dénoncé le manque de respect de la Commission vis-à-vis du Parlement européen en raison de l’absence de réponse à une lettre envoyée il y a de cela deux mois proposant différentes pistes pour accélérer la sortie des céréales ukrainiennes hors des frontières de l’UE. Avant d’appeler Bruxelles à un retour à la réalité en allant sur le terrain pour évaluer avec précision la gravité de la situation pour de nombreux agriculteurs. Les statistiques collectées sur les trois premiers mois de l’année par la Commission parlent d’elles-mêmes : une hausse de 61 % par rapport à 2022 des importations agricoles en provenance d’Ukraine qui s’explique en grande partie par la nette augmentation des importations de céréales (+ 925 millions d’euros).

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En attente de solutions concrètes

L’eurodéputé roumain Dacian Ciolos (Centristes), a appelé l’exécutif européen à créer un envoyé spécial dédié à cet enjeu (mesure qui était proposée dans la lettre). « Les corridors de solidarité ne fonctionnent pas, c’est une évidence. Il suffit de voir la quantité de céréales ukrainiennes qui viennent remplir les silos situés dans le port de Constanta (situé au bord de la mer Noire), la situation est totalement obstruée », explique-t-il. Avant de dénoncer « les comportements spéculatifs d’intermédiaires véreux qui rachètent à vils prix les céréales ukrainiennes pour ensuite les revendre sur les marchés internationaux. Ils se font ainsi de jolis profits sur le dos des agriculteurs ». Dans ce contexte, « qu’attendez-vous pour proposer des solutions concrètes, afin de dégager ces goulots d’étranglement qui mettent à mal la compétitivité des agriculteurs européens ? », a-t-il également lancé à la Commission. D’autant plus que la prorogation de l’accord d’Istanbul relatif à l’exportation de céréales ukrainiennes au-delà du 18 juillet est loin d’être assurée.

D’autres eurodéputés ont également demandé à la Commission si elle était en capacité de suivre avec précision la quantité de céréales ukrainiennes qui était exportée vers les pays de l’UE et vers les pays tiers. Avec peu d’éléments à sa disposition, la Commission européenne a seulement indiqué qu’elle travaillait à une série de solutions dans le cadre de la plateforme conjointe de coordination dont la prochaine réunion est prévue au mois de juillet. L’objectif est d’accélérer le transit aux frontières.