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Importations ukrainiennes : une première aide débloquée en attendant plus

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Pour aider les agriculteurs polonais, bulgares et roumains affectés par l’afflux de céréales et d’oléagineux ukrainiens, les États membres ont donné leur accord à la proposition de la Commission de débloquer 56,3 M€ de la réserve agricole. Une deuxième proposition devrait bientôt suivre pour aider d’autres pays de l’UE. Pour mettre fin à cette situation, la Pologne appelle l’UE à freiner ces importations.

Réunis en comité sur l’Organisation commune des marchés agricoles, les experts des États membres ont approuvé le 30 mars la proposition de la Commission européenne visant à débloquer 56,3 M€ de la réserve agricole en faveur des agriculteurs bulgares (16,75 M€), polonais (29,5 M€) et roumains (10,05 M€) affectés, dans le contexte de la guerre en Ukraine, par l’afflux de céréales et d’oléagineux ukrainiens. Cette aide communautaire peut être couplée à un financement national à hauteur de 100 %, ce qui représenterait un total de 112,6 M€. Mais le commissaire européen à l’Agriculture, Janusz Wojciechowski, a indiqué sur Twitter qu’une deuxième proposition est en cours de préparation afin de soutenir d’autres pays de l’UE affectés par ces importations.

Lire aussi : « Importations ukrainiennes : Bruxelles propose d’allouer 56,3 M€ de la réserve de crise à trois pays »

Outre la Roumanie qui demande un montant plus important, la République tchèque, la Slovaquie ou encore la Hongrie pourraient obtenir également un soutien financier. Quelques jours avant, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, avait déclaré à l’issue de la première journée du Sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’UE, que ces montants n’étaient « pas suffisants ».

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Frein sur les importations

Malgré le soutien financier de l’UE, le Premier ministre Mateusz Morawiecki a appelé le 29 mars, la Commission européenne à freiner ces importations qui remplissent les sites de stockage et « déstabilisent » les marchés locaux. À cette fin, il exige de Bruxelles qu’« elle recoure à toutes les régulations [possibles] permettant de limiter ou de bloquer l’entrée du blé ukrainien en Pologne comme pays de destination finale ». « Aujourd’hui, on veut que ce blé s’en aille totalement parce que nos sites de stockage en sont tous remplis », a-t-il insisté. Au lieu de rester sur place, le blé ukrainien devrait, via les Voies de solidarité (mesures de logistique mises en place par l’UE pour aider l’Ukraine à exporter ses céréales, NDLR) seulement transiter pour ensuite être expédié vers les pays tiers (Afrique du Nord, Moyen-Orient, Asie). Mateusz Morawiecki a indiqué qu’une lettre serait adressée à Bruxelles par un groupe de pays de l’UE limitrophes de l’Ukraine, visant à détailler « toutes les mesures possibles, dont les quotas et droits de douane » qui pourraient limiter les importations du blé ukrainien. Des mesures qui n’ont pas reçu l’aval de la Commission pourraient être aussi envisagées, telles que « sceller les transports à l’arrivée en Pologne », a-t-il ajouté. La veille, le Premier ministre polonais et son homologue roumain avaient déclaré qu’ils étaient en contact étroit avec la Commission afin de mettre en place des mécanismes visant à assurer la traçabilité des exportations ukrainiennes et de leurs destinations finales.