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Inau-Food se lance dans les protéines de synthèse destinées à l’alimentation animale

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Détail d'un fermenteur d'Inau-Food Crédits : © Inau-Food

  Inau-Food va implanter un pilote sur le bassin industriel du Havre pour développer un procédé de production de protéines par fermentation d’un organisme nourri avec du CO2 et de l’hydrogène décarboné. Cette protéine pourra être utilisée comme substituts aux produits importés pour l’alimentation animale, comme le tourteau de soja.

La solution proposée par Inau-Food répond aux alternatives de réduction des impacts carbone sur nos territoires grâce à un procédé de production de protéines par fermentation d’un organisme nourri avec du CO2 et de l’hydrogène décarboné. « Nous utilisons une technologique mise au point après plusieurs années de R&D par une entreprise étrangère, qui nous assiste dans l’utilisation du carbone dans le domaine de la biotechnologie, pour le développer et exploiter en Europe des usines de protéines de synthèse », souligne Lucien Mallet, fondateur d’Inau-Food. Une fois extraite et séchée, la biomasse issue des bioréacteurs de la société se présente sous forme de farine protéinée, sans OGM, sans antibiotiques, sans pesticides et sans hormones. « Notre protéine sera utilisée comme substituts aux produits importés pour l’alimentation animale, comme le tourteau de soja par exemple ».

Le processus de fermentation biologique exploité par Inau-Food représente de gros avantages, notamment celui de ne pas utiliser de terre et très peu d’eau. « D’autre part, les temps de doublement de la biomasse en bioréacteur étant 10 000 fois plus rapide qu’une culture en terre, nos produits auront un avantage économique très important sur les marchés compétitifs de l’alimentation animale de qualité estimés à 35 milliards d’euros pour 6 millions de tonnes par an, dans lequel nos protéines alternatives pourraient représenter 11% en 2035 », précise Lucien Mallet.

Première implantation sur le bassin industriel du Havre

La volonté d’Inau-Food est de travailler en économie circulaire sur les bassins industriels grands producteurs de CO2. Pour sa première implantation, elle a choisi le bassin industriel du Havre« Dans un premier temps, ce qui sera produit sur notre usine du Havre alimentera une bonne partie de la France et ensuite, nous trouverons d’autres bassins industriels en France, comme Saint-Avold et Fos-sur-Mer notamment ou ailleurs en Europe, en Allemagne et en Pologne par exemple pour implanter nos futurs sites », explique le fondateur d'Inau-Food. La société a pour objectif de réaliser un pilote qui pourrait être opérationnel en 2024, puis de passer à l’échelle industrielle avec une première usine en 2026 dans la région du Havre, pour arriver à terme à une quarantaine de sites en Europe.

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Jusqu’à présent 100% familiale, Inau Food se prépare à ouvrir son capital à des investisseurs pour financer ses développements. La société compte ainsi lever 5 millions d’euros cette année, « une somme qui sera complétée par des subventions et autres prêts bancaires, sachant que le coût du pilote représente une vingtaine de millions d’euros et qu’il faut compter environ 80 millions pour chaque usine de 100 000 tonnes par an », souligne le dirigeant. Et les projets de développement de la société sont créateurs d’emplois, puisqu’« à terme, c’est la promesse de quelques 4000 emplois, environ 150 personnes par usine », précise-t-il. Pour s’assurer de disposer d’une équipe compétente et opérationnelle au démarrage de sa première usine, Lucien Mallet compte commencer les premiers recrutements au cours du second semestre 2023.

A terme, Inau-Food envisage de s’implanter en Afrique en développant une autre bactérie capable de fabriquer un substitut à l’huile de palme, répondant ainsi à un autre enjeu environnemental.