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Légumes de 4e gamme Inauguration d’une nouvelle usine près de Cambrai

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Le secrétaire d’État à l’Agriculture Nicolas Forissier a inauguré une usine de légumes de 4e gamme de Florette (filiale du groupe coopératif normand Agrial) à Cambrai le 23 septembre. Chaque centaine de tonnes produite génère un emploi en agriculture, selon un maraîcher produisant pour Florette.

L’usine de Cambrai, entrée en service début août, devrait produire 2 500 tonnes de salades et autres légumes prêts à l’emploi par an dès cette année, et 5 000 tonnes à partir de l’an prochain. Rappelons que les légumes de 4e gamme sont commercialisés prêts à l’emploi (la première gamme est le vrac ; la deuxième est la conserve ; la troisième est le surgelé).

Une animation du milieu rural dans le Nord

Même si l’usine s’approvisionnera en demi-saison dans le sud de la France et en hiver dans le sud de l’Espagne, elle aura besoin d’approvisionnements de proximité dans le Nord, notamment en chicorées. Son implantation offrira un nouveau débouché aux agriculteurs du Cambrésis et 170 emplois (puis 350 dans deux ans), ont indiqué les différents responsables locaux conviés à l’inauguration, comme François-Xavier Vilain, député-maire de Cambrai. « Cette terre de France a su réagir face aux difficultés économiques», a salué M. Vilain. Chaque centaine de tonnes produite génère un emploi en agriculture, c’est-à-dire un salarié permanent sur exploitation, a commenté pendant la visite de l’usine Philippe Connefroy, maraîcher pour Florette dans la Manche, le bassin d’origine de la société.

Florette a d’abord été une marque de la coopérative Agrial. Sa première usine a été mise en service en 1987 à Lessay en Basse-Normandie, premier site de production de légumes frais prêts à l’emploi. Cette usine « historique » emploie actuellement près de 600 personnes. La deuxième usine a été implantée dans le Vaucluse en 1990, à l’Isle-sur-la-Sorgue. La troisième à Lichfield en Grande-Bretagne, la quatrième à Milagro en Espagne. La cinquième est l’usine de Cambrai. « Nous construisons une usine tous les trois ou quatre ans », a indiqué Denis Onfroy, président de la division des fruits et légumes chez Agrial et président d’Interfel, l’interprofession des fruits et légumes frais. La croissance du marché des légumes frais prêts à l’emploi est de 10 % par an. « Nous avons la chance d’être sur un courant fabuleusement porteur», a résumé Denis Onfroy. « Nous nous implantons là où le consommateur le demande», a ajouté Louis-Marie Le Coutour, directeur général de Florette, soulignant que 70 millions de consommateurs potentiels vivent dans les régions voisines.

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Denis Onfroy propose un plan d’adaptation pour le secteur des fruits et légumes

Au cours d’une conférence de presse, à l’issue de l’inauguration, Denis Onfroy a proposé un plan d’adaptation pour le secteur des fruits et légumes. « Si nous ne mettons pas en place un plan d’adaptation, nous ne pourrons faire face au défi de la concurrence lancé par l’Espagne, la Pologne et bientôt la Hongrie », a-t-il déclaré. Il faut selon lui répondre aux attentes de la société : maîtrise des intrants, reconstitution des haies, de la flore et de la faune, entretien du paysage et de l’abord des fermes, maintien de l’emploi rural et du revenu des producteurs. Le modèle à suivre est celui des agriculteurs de la Manche, qui ont constitué dès 1994 une filière d’agriculture raisonnée, utilisé les fonds structurels européens et ouvert de nouveaux débouchés, a souligné M. Onfroy. « Dans la Manche, on ne produisait pas de salades autrefois, sauf pour les marchés locaux ; aujourd’hui, l’usine de Lessay nous en achète 24 000 tonnes par an », a témoigné M. Connefroy.

M. Onfroy et M. Forissier ont insisté sur la nécessité pour la filière des fruits et légumes et l’agro-alimentaire d’investir beaucoup plus dans la recherche. Florette investit 1,5% de son chiffre d’affaires dans l’innovation, selon son directeur général. L’agro-alimentaire français n’investit que 1% de son chiffre d’affaires dans la recherche, alors que la moyenne des industries est de 6%, a rappelé le secrétaire d’État à l’Agriculture.