Aux États-Unis, un juge fédéral vient d’estimer que le terme gruyère était devenu générique, ce qui empêche, selon lui, de l’inscrire au registre des marques pour le réserver aux produits originaires de Suisse et de France. Dans une décision d’une trentaine de pages, le juge T.S. Ellis souligne que des producteurs américains fabriquent du gruyère dans l’État du Wisconsin depuis les années 80, et que plus de la moitié du gruyère importé aux États-Unis entre 2010 et 2020 était produite en Allemagne et aux Pays-Bas.
L’interprofession du Gruyère, qui représente les acteurs du secteur en Suisse, et le Syndicat interprofessionnel du Gruyère, en France, ont notifié le 10 janvier leur intention de faire appel de cette décision. Le gruyère bénéficie d’appellations d’origine protégée dans les deux pays. Du côté américain, les acteurs du secteur ont au contraire salué « une victoire historique ». Dans un communiqué, ils ont estimé que cette décision « établit un précédent dans une bataille bien plus large au sujet des noms des produits alimentaires aux États-Unis ».
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Cette question des indications géographiques est une des principales pommes de discorde entre l’UE et les États-Unis, expliquant qu’aucun accord de libre-échange n’ait pu être trouvé entre les deux partenaires. Les discussions sur le partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (TTIP) sont au point mort depuis 2016 et l’arrivée de Donald Trump au pouvoir. En l’absence d’accord, le cas par cas prévaut aux États-Unis : si la feta grecque ou le chablis ont déjà perdu le combat, les États-Unis réservent l’usage encore des termes roquefort ou cognac aux produits fabriqués en France.