Abonné

Indications géographiques : les eurodéputés demandent une réglementation plus souple

- - 3 min

Tout en saluant l’initiative portée par la Commission européenne de réviser les régimes des indications géographiques, les eurodéputés de la commission de l’Agriculture insistent pour que le système devienne plus souple.

Lors d’un échange de vues avec la Commission européenne, les eurodéputés de la commission de l’Agriculture ont appelé le 22 avril, dans le cadre de la révision des régimes des indications géographiques (IG) et des spécialités traditionnelles garanties, à instaurer beaucoup plus de souplesse dans le dispositif. Toutefois, plusieurs d’entre eux ont souligné que le système actuel fonctionne très bien et qu’il était inutile de tout bouleverser, malgré un besoin urgent de simplification. Un point que partage la Commission qui assure que « la structure actuelle est solide et qu’il n’y a donc pas besoin de révolution. Nous souhaitons avant tout renforcer le système, instituer des règles plus claires avec des logos mieux compris ».

Comme l’ont rappelé plusieurs eurodéputés, certains aspects du système méritent d’être améliorés. Pour Paolo de Castro (Sociaux-démocrates), « il est crucial que les consommateurs aient une meilleure connaissance des IG d’où le besoin aussi d’avoir un budget plus conséquent dédié à la promotion des IG. Il faut bien sûr lier ça à la réforme actuelle de la Pac ». Son collègue Martin Häusling (Verts) pointe notamment que « dans certains pays les IG sont connues, dans d’autres pas du tout, il est donc urgent de régler ce problème via des opérations de marketing ciblées ». De son côté, Bruxelles a assuré que la promotion des IG n’allait pas être abandonnée dans le cadre de la révision en cours. En revanche, l’exécutif européen a précisé que « pour avoir une meilleure connaissance des produits sous IG, il est indispensable d’avoir de meilleurs outils pour diffuser l’information auprès des producteurs et des consommateurs. Les nouveaux systèmes de médias en sont un bon exemple. »

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Commission européenne
Suivi
Suivre

Durabilité et durée d’enregistrement

Concernant la durabilité, Irène Tolleret (Centristes) explique « que les IG ont déjà fait des pas en avant notamment dans le cadre de la réforme de l’OCM. Il ne faut pas que les critères de durabilité deviennent une surcharge administrative délirante. Appuyons-nous sur les agriculteurs qui eux-mêmes ont fait avancer les IG sur les sujets relatifs au bien-être animal ou de durabilité environnementale ». Sur ce point, Anne Sander (Démocrates-chrétiens) assure qu’« il faut avant tout défendre ces produits et faire attention à ne pas affaiblir leur protection dans le cadre de la stratégie de la ferme à la table ».

Certains eurodéputés comme Clara Aguilera (Sociaux-démocrates) ou encore Zbigniew Kuzmiuk (Conservateurs) ont appelé notamment à réduire la durée d’enregistrement des IG. « Un élément qui sera à la fois bénéfique pour les producteurs et les consommateurs », précise ce dernier. Un point sur lequel la Commission assure porter sa réflexion. Alors que la consultation publique lancée par la Commission européenne s’est close le 15 avril, Bruxelles prépare maintenant une analyse d’impact sur la base de laquelle une proposition législative sera présentée à l’automne.