Le système alimentaire français a été reconnu comme le plus durable de la planète par le réseau scientifique InterAcademy Partnership. Un score qui ne doit pas cacher certains points à améliorer, notamment sur la « durabilité de notre modèle agricole », en particulier dans la gestion de l’eau. La France est surtout considérée comme avant-gardiste dans la lutte contre le gaspillage alimentaire.
La nouvelle a fait le tour des réseaux sociaux fin décembre. Selon un classement réalisé par le réseau scientifique InterAcademy Partnership, et publié par le prestigieux magazine britannique The Economist, la France dispose du système agroalimentaire le plus « durable » au monde. C’est la troisième année consécutive que notre pays remporte cette distinction.
Ce classement a pour objectif de classer la capacité des 67 pays les plus développés du monde à produire et consommer durablement les denrées alimentaires. Pour le réaliser, les chercheurs déterminent un indice sur une base de 100 pour chaque pays, en prenant en compte une quarantaine de critères, répartis en trois catégories : « gaspillage des ressources », « durabilité du système agricole » et « défis nutritionnels ».
Un score de 76.10 sur 100 pour la France
Au total, la France atteint un score de 76.10 sur 100, devant les Pays-Bas, à 75.60 et le Canada, à 75.30. Notre pays est particulièrement salué sur les questions de lutte contre le gaspillage des ressources : elle est en première position, avec un score de 85.8. Elle atteint même un score de 100/100 sur la question des politiques de lutte contre le gaspillage alimentaire.
« Dans un monde où un tiers de l’alimentation produite est perdu ou jeté, la France est à l’avant-garde dans les politiques de réduction des pertes », indiquent les chercheurs, qui citent notamment la loi du 11 février 2016 « qui contraint les supermarchés à redistribuer les invendus alimentaires à des associations de lutte contre la pauvreté ».
Sur la question des « défis nutritionnels », qui prend en compte l’impact de la nourriture sur la qualité de vie (espérance de vie, malnutrition, suralimentation…) la France fait un peu moins bien : elle se place en huitième position derrière certains pays asiatiques (Japon, Corée du Sud) et quelques petits pays européens (Danemark Portugal, Finlande).
En cause : d’abord le risque de « suralimentation », avec un score très faible de 27.10 sur cette question. Ensuite, le régime alimentaire, pas assez équilibré, selon les chercheurs, avec un nombre de restaurants fast-food important (0,5 fast-food par habitant, contre 0,7 en Allemagne). La France est toutefois bonne élève en matière de lutte contre la malnutrition (score de 98.90).
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Zéro sur la gestion des ressources en eau
Mais sur la durabilité de l’agriculture, la France décroche, et se retrouve en 16e position des pays à haut revenus et en 21e position si on prend en compte l’ensemble du classement. Sur ce sujet, la France fait moins bien que l’Autriche (1er) Allemagne (4e), et le Canada (14e). Elle est toutefois un peu au-dessus de la moyenne, qui se situe à 69.2.
Comment expliquer ce résultat moyen ? D’abord, le manque de productivité de notre agriculture, notée 26 sur 100. Ensuite par un manque de diversification du système agricole (43.40) et une utilisation peu optimale des subventions (33.30). L’utilisation du foncier et l’impact de l’agriculture sur la qualité du sol sont également à améliorer.
Mais c’est surtout la gestion de l’eau qui est pointée du doigt. Sur cette question, où les chercheurs donnent une note, soit de zéro, soit de cent, la France obtient une note de zéro, quand notre voisin allemand atteint un score de cent. Et ce, alors que l’impact de l’agriculture sur la qualité de l’eau est plutôt satisfaisant (92.70).
Sur la question des gaz à effets de serre, l’agriculture française est toutefois une bonne élève, avec un score de 90.10, sur l’impact environnemental de l’agriculture sur l’atmosphère et de 95.80 sur les opportunités pour investir dans une agriculture soutenable à ce point de vue.
« La France est à l’avant-garde dans les politiques de réduction des pertes »
En matière de « durabilité de l’agriculture », la France est en 16e position des pays à haut revenus