Curieux Français. Voilà une loi d’orientation agricole qui est censée définir de quelle manière travailleront ceux qui nourrissent les citoyens, ceux qui produiront sans doute une part de leur énergie, qui entretiendront leur territoire, organiseront certains aspects de leur tourisme… voilà une loi qui concerne, en somme, la vie quotidienne des Français et qui est pourtant votée dans l’indifférence générale.
Le débat à l’Assemblée nationale, est passionné, avec des députés rompus à la chose rurale, souvent avertis par leurs mandants locaux, oscillant entre une défense catégorielle et l’intérêt général, des députés venus avec les poches pleines d’amendements dont les trois quarts se voient retoqués. Là encore, cette dépense d’énergie n’intéresse pas les Français.
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Cette passivité tranche pourtant avec la rapidité avec laquelle certains concitoyens savent faire le procès de leur nourriture, à la faveur d’une crise alimentaire ou de tel ou tel scandale. Où sont les pourfendeurs de l’agrochimie, les rigoristes de la consommation, les puristes de l’eau ou de l’atmosphère ? C’est maintenant qu’il faudrait intervenir car c’est maintenant que se décident les options pour demain.
Cette loi, qui a pourtant son importance, n’intéresse personne. C’est un tort. Même le syndicalisme agricole reste relativement discret sur le sujet. Et pourtant, n’y avait-il pas là une belle occasion de concevoir une forte communication, à l’occasion de ce texte et de la mobilisation de l’Assemblée nationale autour du monde agricole. De rappeler ce que les paysans peuvent apporter au pays et ce qu’ils attendent de ce pays. Les occasions ne sont pas si nombreuses ni si favorables pour réduire le fossé entre les agriculteurs et les citadins.