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Social/UE Industrie alimentaire et syndicats lancent un dialogue social attendu depuis près de deux décennies

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La Confédération syndicale européenne du secteur de l'industrie alimentaire, de l'agriculture, de l'hôtellerie-restauration et du tourisme (Effat) (1) et FoodDrink Europe (ex-CIAA)(2) viennent de signer un accord conjoint visant à lancer un dialogue social dans l'industrie agroalimentaire européenne sous l'égide de la Commission européenne. Ce dialogue, espéré depuis plusieurs années par les syndicats, rend désormais possibles des négociations communes et des déclarations conjointes entre les deux fédérations européennes.

L'accord signé entre l’Effat et FoodDrinkEurope sur le développement d'un dialogue social constitue une « réalisation majeure », affirment les leaders d'Effat. Ceux-ci précisent qu'ils tentent – depuis plus de 15 ans – d'établir un dialogue social européen dans le secteur de l'alimentation et des boissons et considèrent que l'accord du 23 janvier n'aurait pas été possible sans la pression exercée par la Commission européenne qui a décidé d'inclure – dans les 30 recommandations et le programme de travail de son Forum de haut niveau pour la compétitivité de la chaîne d'approvisionnement alimentaire de l'UE – une recommandation relative au dialogue social dans le secteur agroalimentaire.

Une « commission du dialogue social » de 30 membres
La création d'une « commission du dialogue social » fait en effet suite à l'adoption, en 2009, de la recommandation n° 18 du Groupe de haut niveau mandatant spécifiquement les deux fédérations européennes à établir une telle structure de dialogue. C'est la première fois que tous les employeurs du secteur de l'alimentation et des boissons de l'UE – entreprises et associations nationales – reconnaissent l’Effat comme leur interlocuteur légitime représentant les travailleurs du secteur. En vertu de l'accord signé, les conditions de référence agréées entre les deux parties rendent désormais possibles des négociations et des déclarations communes ainsi que des codes de conduite conjoints. Le dialogue couvrirait l'ensemble du secteur, y compris les sous-secteurs de l'industrie de l'alimentation et des boissons. La « commission du dialogue social » inclura au maximum 15 membres de chaque partie, soit 30 représentants au total.

Enfin un mandat pour débattre des questions sociales
Suite à la signature de l'accord, Harald Wiedenhofer, le secrétaire général de l'Effat, a indiqué que le lancement d'un dialogue dans l'industrie agroalimentaire européenne est d'autant plus satisfaisant qu'il s'agit « du dernier grand secteur industriel de l'Union où il n'existait aucune coopération officielle entre partenaires sociaux européens ». Selon lui, avec cette importante signature, l'Effat et l'industrie alimentaire remédient à ce problème et ouvrent tout un éventail d'options et de possibilités d'actions communes qui permettront à l'industrie européenne d'être à la fois « plus compétitive et plus socialement durable ». Le leader de l'Effat considère que ce dialogue social est « essentiel au vu de la crise socio-économique à laquelle est actuellement confrontée l'Union ». Il s'est félicité que FoodDrinkEurope dispose désormais d'un mandat pour débattre des questions sociales, une prérogative qu'il n'avait pas initialement. De son côté, Mella Frewen, la directrice générale de FoodDrinkEurope, s'est dite « ravie » que les deux fédérations européennes disposent maintenant de conditions de référence et d'un programme de travail et « qu'ensemble les deux partenaires vont réaliser de grandes choses ». Pour le président nouvellement élu de la commission du dialogue social, Michael Andritzky (issu de l'industrie agroalimentaire allemande), la coopération entre les deux fédérations européennes a pour objectif « d'améliorer les compétences et l'employabilité dans ce secteur afin de faciliter l'accès des jeunes travailleurs aux emplois industriels et de s'attaquer aux défis que représente la gestion d'une main d'œuvre de plus en plus âgée ». D'aucuns estiment que les résultats du dialogue social entre les deux fédérations européennes dépendront, en grande partie, des sujets abordés et de la volonté des parties de travailler ensemble afin de réaliser des progrès.
 
(1) Effat revendique quelque 2,6 millions de travailleurs -affiliés à 120 syndicats nationaux dans 35 pays d'Europe- employés dans le secteurs de l'industrie alimentaire, l'agriculture, le tabac, l'hôtellerie-restauration et le tourisme à travers toute l'Union.
(2) FoodDrinkEurope dit représenter 25 fédérations nationales (3 observatrices), 26 associations sectorielles européennes et 18 sociétés agroalimentaires de premier plan.

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