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Industriels et distributeurs multiplient les contrats à l’approche du Salon de l’agriculture

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Durant tout le mois de février, les industriels et les distributeurs se sont rapprochés des producteurs en multipliant les partenariats et contrats. Une cadence qui s’est accélérée avec l’arrivée du Salon de l’agriculture qui ouvre officiellement le 27 février.

Le 25 février, Lidl France récolte des fonds pour les JA et Agromousquetaires propose un contrat avec un prix plancher aux éleveurs de porcs

À deux jours de l’ouverture du Salon de l’agriculture, Lidl France annonce par communiqué le 25 février, le reversement de 0,03 € par litre de lait vendu à un fond à destination des jeunes agriculteurs. « Lidl France rognera sur ses marges » affiche Nicolas Calo du service de presse de l’enseigne. Cette action se tiendra du 1er mars au 1er septembre. « Si nous arrivons à le faire, nous qui représentons moins de 5 % de part de marché de la distribution, alors d’autres peuvent y arriver », continue Nicolas Calo qui ne cache pas que, par cette action, Lidl France souhaite attirer plus de consommateurs. Florent Dornier, secrétaire général des JA, a précisé que le syndicat n’a pour l’heure « jamais été contacté par Lidl pour mettre en place ce fonds. On est dans l’incapacité de pouvoir redistribuer cet argent, ce n’est pas notre rôle de syndicat ». Lidl devrait également annoncer la signature d’un contrat tripartite avec la filière porc Opale (Socopa) au Salon de l’agriculture, selon Nicolas Calo.

Porc : Agromousquetaires contractualise avec un prix plancher et une indexation au cours de l’aliment

Agromousquetaires, le pôle agroalimentaire d’Intermarché, annonce dans un communiqué le 25 février qu’il va proposer aux producteurs de porc des contrats de fourniture comprenant un prix plancher et une indexation des prix au cours de l’alimentation animale. Le prix plancher est fixé à 1,50 euro le kilo (1,33 €/kg prix de base) pour une durée de cinq ans. Ce prix peut évoluer à la hausse – uniquement – en fonction des fluctuations du coût de l’alimentation animale. Les premières signatures, avec des éleveurs proches des abattoirs du groupe, à Josselin (35) et La Guerche de Bretagne (35), sont annoncées pour le 1er mars. En janvier, le groupement Syproporcs avait dévoilé un contrat de couverture avec Herta à 1,26 €/kg (prix de base) sur six mois.

Le 24 février, Danone évoque ses contrats avec les producteurs laitiers et Auchan renouvelle son partenariat avec des producteurs de salades

Danone a annoncé le 24 février avoir passé un accord avec 2 000 des 2 600 éleveurs qui approvisionnent ses usines pour prendre en compte leurs coûts de production dans leurs contrats. En contrepartie, les éleveurs s’engagent à accepter une baisse des volumes achetés. Danone s’engage « à définir une nouvelle formule de prix intégrant les coûts de production, en concertation avec chacune des parties pour être au plus près des spécificités locales ». Pour définir « en commun » ces indicateurs avec les organisations de producteurs, Danone propose de travailler sur la base d’études réalisées avec un intervenant indépendant.

Auchan renouvelle pour trois ans son partenariat avec dix producteurs de salades

Auchan a annoncé le 24 février avoir renouvelé pour trois ans le contrat de partenariat qui lie l’enseigne à dix producteurs de salades du Sud-Est. Reposant sur quatre piliers – économique, en garantissant un prix minimum de production, environnemental « avec un travail quotidien sur les intrants », social en apportant « une réponse à la chute du nombre de maraîchers » et client grâce à la « qualité » et la « traçabilité » –, ce partenariat vient « apporter une visibilité aux producteurs confrontés à une extrême volatilité de la salade d’hiver ». Auchan souhaite ainsi démontrer, dans le contexte de « crise conjoncturelle que connaissent les producteurs de salades » que « des solutions viables existent ».

Le 23 février, Cargill, Moy Park et McDonald’s renouvellent leur contrat avec LDC et Triballat Noyal signe un accord tarifaire avec 80 producteurs
 laitiers

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McDonald’s France et ses deux fournisseurs de produits à base de poulet, Cargill et Moy Park, ont signé un nouveau contrat avec leur partenaire historique Boscher Volailles (LDC) et le groupement d’éleveurs Gaévol, en partenariat avec Sanders (nutrition animale), annonce un communiqué conjoint diffusé le 23 février. La signature a eu lieu le même jour en présence du ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll. L’accord est conclu pour une durée de trois ans et concerne un volume de 9 100 tonnes minimum chaque année. Ce contrat établit un prix d’achat, fixé chaque année pour un an. En mars 2014, McDonald’s France avait signé un précédent contrat du même type mais pour une durée de deux ans et pour un volume de 8 000 tonnes par an.

Le groupe laitier Triballat Noyal a annoncé le 23 février avoir mis en place un dispositif d’accompagnement concernant 80 producteurs de lait de vache conventionnel d’Ille-et-Vilaine. Qualifiant cette initiative d’« unique et exemplaire » pour la profession, l’entreprise précise qu’elle s’engage à mettre en place un système d’encadrement des prix du lait dont l’objectif est de « gommer les effets négatifs de la volatilité des prix sur la trésorerie des exploitations. » Le prix d’achat évoluera entre un prix plancher et un prix plafond, négocié entre Triballat Noyal et ses producteurs et indexé sur les indicateurs du Cniel. Le volume de collecte concerné par l’accord, programmé pour cinq ans, représente 45 millions de litres de lait.

Le 16 février, E. Leclerc annonce qu’il ne baissera pas « ses prix d’achat du lait d’origine France » pour 2016

« J’ai envoyé ce jour un courrier au Premier ministre, Manuel Valls, qui précise l’engagement de l’enseigne à ne pas baisser les prix d’achat du lait d’origine France » pour 2016, écrit Michel-Edouard Leclerc sur son blog, le 16 février. Il demande aussi à intégrer l’interprofession laitière. En effet, il reste « prudent (méfiant !) quant à la bonne volonté des industriels de garantir ce prix du lait » auprès des producteurs. Il précise qu’il a « demandé aux pouvoirs publics de s’assurer » de cette bonne volonté. Pour lui, en adhérant à l’interprofession, les centres E. Leclerc pourront « vérifier très concrètement » la « transparence » de ces transmissions des prix à l’amont.

Le 12 février, Auchan annonce une contractualisation tripartite entre les producteurs de porc, l’abatteur Bigard et des charcutiers

« Face à la crise que connaissent les filières agricoles et particulièrement les producteurs porcins, Auchan a souhaité mettre en place une contractualisation tripartite, de trois ans renouvelables, avec une association de producteurs du Nord-Pas-de-Calais, regroupés sous la marque Le Porcilin, l’industriel Bigard et plusieurs transformateurs charcutiers », annonce le groupe dans un communiqué du 12 février. « Bigard apporte à la démarche son abattoir de Saint Pol (62) qui compte 185 collaborateurs et pratique des process artisanaux garantissant une qualité bouchère traditionnelle. Participent également à la démarche les charcuteries CGF Charcuteries (62), Salaisons du Terroir (62), et Raoul Deschildre (59) qui contribuent ensemble à la valorisation des animaux », explique le communiqué.

Le 8 février, Fleury Michon va afficher l’origine de la viande sur tous ses produits

Le directeur général du groupe agroalimentaire Fleury Michon, Régis Lebrun, a annoncé, le 8 février, que le numéro un français de la charcuterie allait désormais afficher l’origine de la viande sur tous ses produits. « On a décidé sur l’ensemble des produits Fleury Michon d’indiquer l’origine des matières premières », a-t-il déclaré sur France Info, indiquant travailler à cette mesure « depuis plusieurs mois ». « C’est une disposition qui n’est pas facile à mettre en œuvre parce qu’on a quelques contraintes techniques, notamment dans les produits où il y a plusieurs ingrédients », explique Régis Lebrun.