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Sucre/Quotas Industriels et producteurs sucriers opposés sur l’avenir du secteur au-delà de 2015

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« Nous ne pouvons que répéter encore et toujours que l’élimination des quotas de sucre en 2015 sera au bénéfice de la compétitivité de toute la chaîne sucrière européenne ». C’est la réponse apportée par le CIUS (Comité des industries utilisatrices de sucre) à la dernière offensive des producteurs de betteraves (CIBE), des fabricants de sucre (CEFS), du syndicat des travailleurs de l’alimentaire (EFFAT) et du groupe des pays ACP, lesquels réclament – à qui voudrait les entendre – l’extension de l’OCM unique pour le sucre jusqu’en 2020. Une fébrilité qui s’explique par la prise de position prochaine du Parlement européen sur les propositions législatives pour le secteur du sucre après 2015.

En vue des prochains débats des parlementaires européens sur l’avenir du secteur du sucre européen au-delà de 2015, producteurs et utilisateurs de sucre s’ingénient à influencer leurs décisions dans un sens plus favorable à leurs intérêts. Le Comité des industries utilisatrices de sucre de l’UE plaide lui, pour une élimination des quotas de sucre et d’isoglucose en 2015, « comme décidé en 2006 par les le Conseil et comme confirmé par la Commission européenne dans ses propositions législatives pour la Politique agricole commune après 2013, proposition dans laquelle cette dernière a suggéré d’abolir, entre autres, les quotas de sucre et d’isoglucose ainsi que les restitutions à l’exportation. Les industries utilisatrices de sucre considèrent que depuis la réforme du secteur du sucre de 2006, les rendements ont augmenté de façon significative et les usines ont fait des progrès considérables, rendant ainsi la production européenne de sucre parmi les plus compétitives au monde. Les utilisateurs de sucre en Europe se disent convaincus que la chaîne d’approvisionnement est « suffisamment robuste pour faire face à une plus grande libéralisation du marché après l’abolition des quotas ». En outre, ils estiment que la suppression des quotas permettrait aux producteurs de sucre de betterave et aux agriculteurs européens de capter une plus grande part du marché mondial des exportations et de bénéficier de la demande mondiale croissante pour le sucre.

Producteurs : « Des quotas sucriers au moins jusqu’en 2020 »

De leur côté, les betteraviers réunis au sein de la CIBE (Confédération internationale des betteraviers européens), les fabricants de sucre du CEFS (Comité européen des fabricants de sucre), le syndicat des travailleurs d’EFFAT (Fédération européenne des syndicats de l’alimentation et de l’agriculture) et le Groupe des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP), militent au contraire pour l’ extension de l’organisation commune de marché (OCM) unique pour le sucre jusqu’en 2020. Ils estiment que le secteur européen du sucre a subi une restructuration majeure depuis les réformes de 2006 et 83 usines – presque une sur deux – ont dû mettre la clé sous le paillasson, entraînant la destruction de plus de 22 000 emplois directs. Ce serait injuste, selon eux, que la réforme de l’OCM unique pour le sucre se traduise « par de nouvelles difficultés pour les travailleurs du secteur, particulièrement en cette période de crise économique et sociale considérable ». Johann Marihart, président du CEFS, explique que le secteur sucrier « qui devient plus compétitif, a besoin de temps pour assurer la rentabilité de ses investissements ». Le secteur a besoin de stabilité et de prévisibilité.
« L’avenir de la betterave en Europe semble prometteur, pourvu que le dynamisme et les efforts consentis jusqu’ici ne soient pas minés par des décisions incohérentes qui mettraient en péril la durabilité », indique de son côté le vice-président de la CIBE, Jos Van Campen. « Le modèle de contrat dans le secteur de la betterave est également exemplaire ». S’exprimant au nom des pays ACP, l’ambassadeur du Guyana en Belgique, a insisté sur la « cohérence entre les politiques européennes en matière d’agriculture, de développement et de commerce ». Pour lui, « le marché européen doit rester stable pour maintenir un marché viable pour les fournisseurs », particulièrement ceux des pays ACP. En d’autres termes, les partisans d’une extension des quotas sucriers « au moins jusqu’en 2020 » permettrait « de maintenir des emplois décents et de contribuer aux objectifs de développement au moment où cela s’avère le plus utile ». En outre, cela garantirait une stabilité « grâce à un approvisionnement en sucre suffisant à des prix durables pour les producteurs, les fabricants, les fournisseurs, les travailleurs et les consommateurs ».

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