Jusqu'ici spécialiste de la production indoor de légumes feuilles et d'aromates, la start-up allemande Infarm a annoncé le 10 novembre 2022 qu'elle sera « la première entreprise à relever le défi de la culture de blé dans des installations indoor ». Elle met en avant que ce mode de culture, étagé, hors-sol et sous lumière artificielle, ne serait pas directement affecté par le changement climatique et qu'il consommerait moins d'espace que la culture en plein champ. En effet, la start-up annonce avoir conduit de premiers essais lui permettant d'atteindre un rendement équivalent à 1117 quintaux par hectare (qx/ha) et par an, soit 30 fois plus que le rendement mondial du blé. Et elle s'attend à un gain de 50% dans les « prochaines années ». Toutefois, Infarm est encore loin de la commercialisation. « L'industrialisation de ce projet et la commercialisation de blé cultivé indoor reste un immense défi scientifique et technique », prévient Erez Galonska, fondateur et CEO d'Infarm, cité dans le communiqué.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Des chercheurs américains avaient déjà modélisé les performances d'un tel système et tout comme les entrepreneurs d'Infarm, ils estimaient que ce mode de culture présentait des avantages évidents, mais aussi quelques limites. « Compte tenu du coût énergétique élevé de l'éclairage artificiel et des capitaux requis, il est peu probable qu'il soit économiquement viable aux prix de marché actuels », estimaient-ils, même avec des prix du blé attendus très élevés à horizon 2050 et un bonus lié à la production sans pesticide. Les chercheurs y voient quand même un intérêt, celui d'améliorer la souveraineté alimentaire de certains pays du Moyen-Orient, et plus généralement pour de la production en milieu désertique, appuyée sur une production photovoltaïque.