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Inflation : l’industrie craint l’asphyxie

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Une semaine après la fin des négociations commerciales, les industriels de l’Adepale demandent un retour à la table des négociations face à l’inflation des coûts de l’énergie et des matières premières, accentuée par la guerre en Ukraine.

À peine signés, les contrats passés entre les distributeurs et leurs fournisseurs de produits alimentaires sont, aux yeux de certains industriels, déjà rendus obsolètes par la hausse des prix de l’énergie et des métaux comme l’aluminium et le cuivre. Après l’inflation record ressentie ces derniers mois, la guerre en Ukraine fait encore bondir les cours. Dans un contexte mondial « dramatique et incertain », l’Adepale, qui représente une partie des entreprises alimentaires, demande « d’urgence » de nouvelles négociations commerciales au printemps. « La situation est inédite et était imprévisible, il faut se remettre autour de la table des négociations », affirme le président de l’association, Jérôme Foucault. Il rappelle que les industriels n’étaient pas sortis satisfaits des négociations avec la grande distribution : « La plupart des entreprises ne sont même pas parvenues à répercuter la moitié de leurs hausses de coûts de production. »

Des aides d’État sur l’énergie

La clause de révision automatique des prix en fonction de la variation du coût de la matière première agricole – rendue obligatoire dans les contrats par la loi Egalim 2 – doit permettre aux industriels d’intégrer dans leurs tarifs les hausses de charges sur ce poste. L’Adepale demande l’application de ce mécanisme et renouvelle sa proposition d’une sanctuarisation de « tous les coûts de production » dans le cadre d’une loi « Egalim 3 ». « Ça permettrait de s’éviter le même psychodrame chaque année », assure Jérôme Foucault. La Coopération agricole (LCA) et l’Ania – qui représentent respectivement les coopératives et une autre partie des entreprises alimentaires « privées » – soulignent, quant à elles, la nécessité d’« encourager la responsabilité collective entre tous les maillons de la filière alimentaire » et d’ « activer tous les leviers prévus par la loi Egalim 2 » dans un communiqué commun.

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Les industriels en appellent au soutien des pouvoirs publics sur les hausses des prix de l’énergie, second poste de coût de production derrière les matières premières. « Certaines TPE projettent des factures d’énergie plus élevées que leurs résultats à la fin de l’année », alerte Jérôme Foucault de l’Adepale. L’Ania et LCA demandent la mise en place d’un « bouclier énergétique » pour les entreprises et des aides à l’investissement sur le biogaz et les énergies renouvelables. Elles sollicitent également des aides à la trésorerie et de soutien aux investissements, en prolongeant la durée des PGE (prêts garantis par l’État) pendant huit à dix ans et en « facilitant leur transformation en quasi-fonds propres ».

« Ça permettrait de s’éviter le même psychodrame chaque année »