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Influenza aviaire : les professionnels veulent des indemnisations rapides

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La filière des palmipèdes gras demande des indemnisations d’urgence dans le cadre de la lutte contre l’influenza aviaire. Au moins 600 000 canards devraient être abattus, dans des foyers ou préventivement.

Abattages préventifs, vides sanitaires allongés : les conséquences du nouvel épisode d’influenza aviaire en cours dans le Sud-Ouest laisseront des traces. Dans un communiqué du 5 janvier, la CFA (aviculteurs, FNSEA) demande à l’État « d’agir au plus vite » pour indemniser les éleveurs touchés. « L’État doit accompagner les éleveurs touchés », insiste la CFA, « qu’ils soient foyers, concernés par un abattage préventif ou touchés par des allongements de vide sanitaire ». La lutte contre l’influenza passe par des abattages préventifs dans un rayon de 3 km autour des foyers. Plus de 200 000 canards ont été abattus dans les foyers identifiés ou de manière préventive, a appris l’AFP le 5 janvier auprès du directeur général adjoint de l’alimentation Loïc Évain. « Il en reste à peu près 400 000 à abattre » préventivement, « un nombre susceptible d’évoluer », a-t-il précisé. Soit au total « environ 50 % du bassin de production des Landes », estime Marie-Pierre Pé, la directrice du Cifog (interprofession du foie gras).

Élevages, couvoirs et transformateurs

Les aides mises en place lors du précédent épisode en 2016-2017 « doivent faire école et être réactivé[e]s », réclame le président de la CFA Jean-Michel Schaeffer. Elles sont de deux ordres : des indemnisations pour abattage sur décision administrative (acquis par principe), et des aides pour les éleveurs contraints d’allonger les vides sanitaires entre deux bandes d’animaux. « Il faut qu’on négocie cette aide pour la période de non-production, explique Jean-Michel Schaeffer à Agra Presse, car elle sort du champ des décisions administratives liées au sanitaire. » Au-delà des modalités, le président de la CFA appelle à « réévaluer les barèmes de ces aides pour les canards gras, mais aussi pour les volailles de chair ». Entre les investissements dans la biosécurité et la récente flambée des aliments pour volailles, « nos coûts de production ont augmenté », fait-il valoir.

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Une demande appuyée le 6 janvier par un communiqué du Cifog, pour qui « il est indispensable qu’une avance de 70 % de ces indemnisations soit versée très rapidement ». « Quand un agriculteur a investi 500 000 € [dans la biosécurité], qu’il a été dépeuplé et qu’il a des engagements bancaires, il a besoin de lisibilité », explique Marie-Pierre Pé. « Il y a urgence à ce que le ministre nous rassure sur ce point-là. » Dans son communiqué, le Cifog demande enfin que soient couvertes « les pertes des couvoirs liées aux décisions administratives », ainsi qu’un « soutien financier des pouvoirs publics » pour les entreprises de transformation.

La CFA veut « réévaluer les barèmes » des indemnisations