La Confédération paysanne et le Modef s’inquiètent d’un « renforcement des contraintes » pour les élevages de volailles plein air en période de risque influenza. Une décision non encore arbitrée, selon l’interprofession Anvol (volailles de chair).
Alors qu’une évolution des modalités de mise à l’abri en période de risque d’influenza aviaire est attendue, « le ministère s’oriente vers un renforcement des contraintes imposées aux seuls éleveurs et éleveuses de volailles plein air », déplorent la Confédération paysanne et le Modef dans un communiqué commun le 9 décembre. D’après les syndicats minoritaires, la Rue de Varenne a présenté ses « pistes d’évolution » le même jour, parmi lesquelles figurerait « une possibilité floue de sortir les seules gallinacées de chair 30 mètres autour des bâtiments dans certaines zones ». Cette possibilité de sortie serait conditionnée à un audit de biosécurité, « qui est aujourd’hui totalement inadapté à l’élevage paysan ». Autant de restrictions « intolérables » pour la Conf’ et le Modef, qui préviennent que les « paysannes et paysans » se retrouveront « dans l’obligation de désobéir à ces règles pour faire perdurer leur métier ».
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Pour nourrir la réflexion du ministère, l’Anses devait rendre son avis fin novembre sur les propositions des professionnels sur les modalités de mise à l’abri. Selon le directeur d’Anvol (interprofession des volailles de chair) Yann Nédélec, interrogé par Agra Presse, l’agence sanitaire a présenté cet avis le 9 décembre, mais le ministère n’aurait pas encore dévoilé ses pistes. L’avis constitue « une bonne base de travail », selon lui, et « ne remet pas en cause l’autorisation de sortir les animaux sur un parcours réduit ». Et le directeur d’Anvol d’évoquer « des adaptations en fonction d’une analyse de risque plus fine qu’actuellement ». « La mise à l’abri en période à risque reste la règle, rappelle Yann Nédélec. Nous refusons d’ouvrir un débat sur des dérogations qui déboucherait sur une liste à la Prévert. »
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Des « ouvertures » sur l’âge de sortie
Par ailleurs, le directeur d’Anvol indique qu’« il y a des ouvertures » sur les demandes formulées par le Synalaf dans le cadre de ce travail, même si « ce n’est pas encore calé ». Le syndicat des volailles label demandait que les animaux puissent sortir dès l’âge de huit semaines en période à risque (contre dix actuellement, et six en temps normal dans les cahiers des charges Label rouge), ainsi qu’un doublement de la surface des parcours réduits utilisés en période à risque (à 1 m2 par animal). Le tout en contrepartie d’un audit biosécurité.