Emboîtant le pas aux États-Unis, l’Union européenne a annoncé le 11 juin une commande de vaccins humains contre l’influenza aviaire. Quelques jours plus tôt, le Mexique déplorait son premier décès humain lié au virus H5N2, distinct du H5N1 responsable de l’épizootie actuelle.
La Commission européenne a annoncé le 11 juin avoir signé, au nom de quinze États membres, « un contrat-cadre de passation de marchés conjoints pour la fourniture d’un maximum de 665 000 doses de vaccin pré-pandémique » humain contre l’influenza aviaire de la société britannique Seqirus. Il s’agit du seul vaccin préventif contre la grippe aviaire zoonotique (nom donné à l’influenza aviaire quand elle touche les humains) actuellement autorisé dans l’UE. Une option pour 40 millions de doses supplémentaires est prévue.
Cet achat intervient alors que l’influenza aviaire s’est propagée depuis plusieurs semaines dans les troupeaux de vaches laitières aux États-Unis, infectant également trois humains. « Il vise à prévenir la propagation ou les épidémies potentielles de grippe aviaire en Europe », souligne la Commission européenne. Ce vaccin est destiné « aux personnes les plus exposées à la transmission potentielle de la grippe aviaire par les oiseaux ou les animaux, tels que les travailleurs des élevages de volailles et les vétérinaires ». Bruxelles précise que « des expéditions sont actuellement en préparation vers la Finlande pour la vaccination immédiate des travailleurs à risque d’exposition, à la demande de l’État membre ».
L’épizootie progresse toujours aux USA
En France, le Comité de veille et d’anticipation des risques sanitaires (Covars), préconisait depuis 2023 de constituer un stock de vaccins humains. Il suggérait aussi de vacciner les travailleurs exposés des filières avicoles et porcines contre la grippe saisonnière, pour limiter les risques de recombinaison virale. Dans un avis plus récent, cette instance placée auprès du gouvernement recommandait aussi de surveiller les élevages bovins autour des élevages de volailles touchés par la maladie, car ces ruminants sont désormais touchés par le virus aux États-Unis. Après avoir connu dix foyers en élevages à l’hiver 2023-2024, la France est actuellement indemne d’influenza aviaire.
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Avec cette commande de vaccins humains, l’Europe emboîte le pas aux États-Unis, qui ont commandé fin mai 4,8 millions de doses au même fournisseur, selon le site spécialisé Watt Poultry. Outre-Atlantique, l’épizootie continue de progresser chez les bovins, avec désormais 94 foyers dans 12 États, selon l’USDA. Déjà présent chez les volailles et les oiseaux sauvages aux Etats-Unis, le virus H5N1 avait touché des bovins et caprins fin mars, une première mondiale.
Au Mexique, un décès humain inexpliqué
Un peu plus au sud, au Mexique, ce n’est pas le H5N1, mais un autre virus influenza, le H5N2, qui a causé pour la première fois un décès humain. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé, le 5 juin sur son site web, le premier « cas fatal confirmé d’infection humaine au virus de l’influenza aviaire A (H5N2) », survenu au Mexique fin mai. Il s’agit plus largement du « premier cas d’infection humaine par un virus A (H5N2) confirmé par un laboratoire et reporté au niveau mondial ». La victime était un résident de l’État de Mexico âgé de 59 ans. Il avait été hospitalisé fin avril pour d’autres raisons et présentait de « multiples affections médicales sous-jacentes ». Testées, les personnes en contact avec lui, à l’hôpital et dans son voisinage, sont toutes négatives à l’influenza aviaire et au Covid. L’OMS indique que « la source d’exposition au virus dans ce cas est inconnue », et que le patient décédé « n’avait pas d’historique d’exposition aux volailles ou aux autres animaux ».
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En mars, deux cas sur des volailles avaient été confirmés en basses-cours, dans l’État de Mexico (faiblement pathogène) et dans celui voisin de Michoacán (hautement pathogène). « Jusque-là, il n’a pas été possible d’établir si ce cas humain est relié » à ces foyers, note l’OMS. Le virus H5N2 est différent du H5N1, à l’origine de l’épizootie mondiale en cours, et notamment des récentes contaminations de bovins et d’humains aux États-Unis. Ce cas « ne change pas les recommandations actuelles de l’OMS sur les mesures de santé publique et la surveillance de l’influenza », indique l’organisation onusienne. Malgré ces récents cas humains, l’OMS estime toujours que « le risque actuel pour la population générale posé par ce virus est faible ».