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Influenza : en risque « modéré », la France accroît la surveillance

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Devant la « dégradation de la situation sanitaire », le gouvernement a passé l’ensemble du territoire national en niveau de risque « modéré » pour l'influenza aviaire le 1er octobre. Comme prévu par le plan d’action présenté en juillet, des mesures de prévention renforcées (autotests et nouveaux zonages) sont également déployées.

Après quasiment quatre mois en risque « négligeable », l’ensemble du territoire métropolitain vient de passer en risque « modéré » pour l’influenza aviaire, d’après un arrêté paru au Journal officiel le 1er octobre. Une décision motivée par la « dégradation de la situation sanitaire » dans les élevages, la multiplication des cas en faune sauvage et l’accroissement saisonnier du risque, a expliqué le ministère de l’Agriculture le 30 septembre à la presse. Ce changement de statut implique la mise à l’abri de toutes les volailles dans les zones à risque particulier (ZRP, soit les zones humides et couloirs de migration). Une obligation qui concerne aussi « les palmipèdes de moins de 42 jours en zone à risque de diffusion » (ZRD, soit les zones à forte densité de volailles de l’Ouest et du Sud-Ouest), rappelle la Rue de Varenne dans un communiqué le 30 septembre.

Plus largement, « les mesures de prévention sont renforcées », ajoute le ministère, « comme prévu avec l’ensemble des parties prenantes dans le cadre du plan d’action influenza aviaire présenté fin juillet ». Les pouvoirs publics ont ainsi annoncé la mise en place d’autocontrôles afin « d’organiser une surveillance renforcée », a précisé le cabinet du ministre le 30 septembre. Ces tests seront volontaires dans les ZRP (décidés par les organisations professionnelles), mais ils seront « rendus obligatoires par l’État dans tous les élevages situés à 20 km des foyers ». Il s’agira d’analyses de l’environnement, de prélèvements avant mouvements d’animaux et de tests systématiques sur les oiseaux morts. Autant d’autocontrôles qui seront à la charge des éleveurs, avec parfois des conséquences économiques non négligeables.

Création de zones réglementées supplémentaires

Ces autocontrôles s’inscrivent dans un nouveau cadre prévoyant des « mesures de gestion renforcées autour des foyers en élevage », avec la création de « zones réglementées supplémentaires » (ZRS) entre 10 km et 20 km autour des foyers. « Dans cette zone, la mise à l’abri est obligatoire et des autocontrôles sont instaurés dans les élevages », selon le communiqué du ministère. Ces ZRS s’ajoutent aux zones de protection (3 km) et de surveillance (10 km) déjà en vigueur.

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Quant aux « zones de contrôle temporaire » (mises en place autour des cas en faune sauvage ou des cas suspectés en élevage), elles verront leur périmètre « étendu à 20 km minimum ». Là aussi, les élevages devront appliquer la claustration et les autocontrôles. Devant le risque grandissant cet été, certaines préfectures avaient déjà étendu ces ZCT à l’échelle départementale (Vendée, Loire-Atlantique, Maine-et-Loire). Par ailleurs, comme annoncé lors de la présentation du plan d’action influenza en juillet, « une réduction des indemnisations en cas de non-respect par les éleveurs des règles en vigueur sera également mise en œuvre. » « Les services de l’État réaliseront des contrôles », prévient le cabinet du ministre.

Depuis le 1er août, date du début de la saison de comptage 2022-2023, la France a dénombré 18 cas confirmés en élevages, 14 en faune captive et 99 en faune sauvage (bilan du ministère au 29 septembre). Mais l’Hexagone est loin d’être le seul pays touché : au niveau européen, l’épizootie actuelle est la plus importante observée jusqu’à présent en Europe, avec un total entre juin et septembre de 2 467 foyers épidémiques chez les volailles et 47,7 millions d’animaux abattus dans les établissements affectés, constatent l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa), le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies et le laboratoire de référence de l’UE dans leur dernier bilan publié le 3 octobre.

Quelque 3 573 cas ont aussi été enregistrés chez des oiseaux sauvages. La portée géographique de l’épidémie de cette année est sans précédent, avec des cas signalés allant des îles Svalbard en Norvège, au sud du Portugal et aussi loin à l’est que l’Ukraine, affectant au total 37 pays du continent européen. Et, prévient l’Efsa, « l’épidémie actuelle est clairement toujours en cours ».

Autocontrôles dans les ZRP et dans un rayon de 20 km autour des cas