Le ministère de l’Agriculture « entrouvre enfin une porte » sur l’adaptation de la mise à l’abri dans les élevages plein air, estime la Confédération paysanne après une action dans les locaux de la DGAL le 25 octobre.
Afin d’adapter les mesures de lutte contre l’influenza aviaire dans les élevages plein air, la DGAL (ministère de l’Agriculture) aurait proposé « le lancement d’une expérimentation d’analyse de risques à l’échelle de chaque élevage », selon un communiqué de la Confédération paysanne du 25 octobre. Le même jour, la directrice générale de la DGAL Maud Faipoux a reçu une délégation du syndicat, alors que « 80 paysannes et paysans, venus de 30 départements » ont occupé les locaux de la direction à Paris, d’après la Conf’. Ils réclamaient « des mesures sanitaires adaptées aux élevages plein air », une demande de longue date du syndicat minoritaire. « La directrice générale de l’alimentation a reconnu devant les paysans présents la spécificité des élevages plein air et paysans et la nécessité d’adapter les mesures sanitaires », estime l’organisation. Et de se féliciter que, « après quatre épidémies en cinq ans, la DGAL entrouvre enfin une porte ! » Toutefois, « cette expérimentation va prendre du temps », prévoit la Conf’, qui réclame dans l’intervalle « l’absence de sanctions administratives et financières » pour non-respect de la mise à l’abri.
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Aucune dérogation prévue
Sollicité par Agra Presse, le cabinet du ministre de l’Agriculture nuance l’annonce de la Conf' : « La DGAL réfléchit à la manière de rassembler plus de données d’analyse de risque et de bonnes pratiques de biosécurité en élevage plein air. Pour autant, cette réflexion n’implique en aucune manière des dérogations au respect de la réglementation en vigueur, a fortiori en période d’épizootie influenza aviaire. » Interrogé par l’AFP après avoir rencontré la directrice de la DGAL, le porte-parole national de la Conf’ Nicolas Girod, confirme à demi-mot : « On nous a dit qu’il faudrait adapter les mesures de biosécurité à chacun, mais qu’il était encore trop tôt pour modifier la doctrine en place », et mettre fin aux sanctions quand les éleveurs refusent de rentrer leurs volailles, a-t-il souligné, évoquant des « frustrations ». Dans le cadre du plan influenza 2022 présenté en juillet – dont la Conf' et le Modef s’étaient désolidarisés –, un avis de l’Anses est attendu sur ce sujet. Dans un contexte de recrudescence de l’épizootie, la mise à l’abri est obligatoire en Bretagne et Pays de la Loire, ainsi que dans les zones à risque sur l’ensemble du territoire national.